Sur le thème des méthodes d’apprentissage, j’ai demandé à Chat GPT :
Quelles sont les méthodes transversales pour favoriser l’apprentissage ?
"Pour favoriser l'apprentissage de manière transversale, c'est-à-dire applicable à divers domaines et disciplines, voici quelques méthodes générales efficaces :
- Méthode active : Encouragez la participation active des apprenants à travers des discussions, des projets, des jeux de rôle ou des activités pratiques pour renforcer l'engagement.
- Interconnexion des connaissances : Reliez les nouveaux concepts aux connaissances existantes. Montrez comment le nouveau matériel s'inscrit dans un contexte plus large pour une meilleure compréhension.
- Utilisation de la technologie : Intégrez des outils technologiques et des ressources en ligne pour diversifier les méthodes d'apprentissage, offrir des expériences interactives et stimuler l'intérêt.
- Personnalisation de l'apprentissage : Adaptez les approches pédagogiques en fonction des styles d'apprentissage individuels, permettant aux apprenants de choisir des méthodes qui leur conviennent.
- Méthode de résolution de problèmes : Encouragez la résolution de problèmes en présentant des défis réels ou fictifs. Cela favorise le raisonnement critique et l'application des connaissances.
- Feedback constructif : Fournissez des retours réguliers et constructifs pour guider les apprenants dans leur progression et renforcer leur confiance.
- Collaboration et travail d'équipe : Encouragez la collaboration entre les apprenants, favorisant ainsi l'apprentissage social et le partage des connaissances.
- Approche multidisciplinaire : Abordez les sujets sous différents angles, en intégrant des perspectives de différentes disciplines pour enrichir la compréhension.
- Méthode basée sur les compétences : Mettez l'accent sur le développement de compétences pratiques et applicables dans la vie réelle, permettant aux apprenants de voir la pertinence de ce qu'ils étudient.
- Évaluation formative : Utilisez des évaluations formatives régulières pour identifier les lacunes dans la compréhension et ajuster les méthodes d'enseignement en conséquence.
En combinant ces approches, les éducateurs peuvent créer un environnement d'apprentissage dynamique, adapté à divers sujets et bénéfique pour les apprenants”.
Source : Chat GPT
Un fourre-tout intéressant. Mais qui dans l’enseignement travaille réellement avec ces outils ? Ils ne sont pas souvent intégrés les systèmes d'éducation.
«Nouvelles pédagogies»
“Célestin Freinet: expression et coopération
Célestin Freinet (1896-1966) est un instituteur français qui a développé sa pédagogie à partir de sa propre expérience. La pédagogie Freinet se centre essentiellement sur le groupe, le collectif et favorise la collaboration et la coopération entre les élèves (on y retrouve souvent des classes multi-niveaux où les grands aident les plus petits, créant ainsi une émulation positive).
Pour Freinet, la dimension collective est essentielle. Et avec elle, l’élaboration de projets communs qui seront ensuite exposés à l’extérieur du groupe (comme, une pièce de théâtre, un exposé...). Célestin Freinet pensait avant tout en termes d’organisation du travail et de coopération. Il désirait une école centrée sur l’enfant, l’école traditionnelle étant basée sur les programmes qui définissent la matière, la précisent et la hiérarchisent.
Chez Freinet, pas de compétition, mais une constante émulation et une collaboration enrichissante. Pas de notes non plus, mais de véritables dialogues d’évaluations.
La pédagogie de Freinet est également fondée sur l’expression libre des enfants: texte, dessin, correspondance interscolaire, imprimerie, journal étudiant... La confiance en soi est un principe clé. Cette confiance en soi, fruit de la valorisation, tant des adultes que de son propre travail, devient alors le moteur de réussite de l’enfant.
Maria Montessori: bouger, sentir, apprendre
Maria Montessori (1870-1952) est un médecin italien qui a développé une méthode pédagogique basée sur le rythme individuel de l’enfant. C’est la méthode dite «ouverte» qui suppose que l’enfant vit des étapes, des périodes sensibles durant lesquelles il est plus apte à développer certaines compétences.
La pédagogie de Montessori se centre donc sur l’éveil sensoriel et kinesthésique de l’enfant et travaille sur son autonomisation. L’adulte est un accompagnant qui doit tout mettre en œuvre pour offrir un environnement positif, dans lequel l’enfant pourra développer ses talents et s’autonomiser.
En classe, les enfants sont libres de choisir l’activité qu’ils souhaitent faire, à la seule condition d’avoir déjà «vu» cette activité avec l’encadrant pédagogique. Ils peuvent y passer le temps qu’ils veulent, ils ont le droit de parler (à voix basse) et de se déplacer comme ils l’entendent dans la classe, tant que l’ambiance de travail est respectée.
Ici, l’auto-apprentissage et l’autodiscipline de l’enfant vont de pair avec la liberté qui lui est accordée. Pour s’approprier les concepts, l’enfant doit manipuler, de façon tangible et concrète, avec ses cinq sens. Peu importe que l’enfant soit rapide ou lent, pourvu qu’il soit concentré, concerné et réceptif.
Ovide Decroly: l’enfant global et central
Ovide Decroly (1871-1932) est un médecin et psychologue belge. Il lutta fermement pour la reconnaissance de la méthode globale d’apprentissage de la lecture et de l’écriture.
Les fondements de la réflexion de Decroly sur la pédagogie se situe dans son travail avec les enfants dits «irréguliers» (des enfants anormaux que Decroly préféra nommer «irréguliers» car il se refusait d’en parler comme d’enfants anormaux ou handicapés). Observant que l’enseignement traditionnel était réservé à une élite (dans le contexte social du début du XXe siècle), Decroly souhaita faire naître une nouvelle école adaptée à tous les enfants, y compris les «irréguliers». Pour ce faire, il développa une pédagogie basée sur l’observation et l’approche de l’enfant dans sa globalité. Les centres d’intérêts de l’enfant servent de base à l’acquisition des savoirs.
Dans cette approche, le rôle de l’enseignant est déterminant. Il devient le guide bienveillant de l’enfant, garant de ses apprentissages. La pédagogie de Decroly repose sur 4 principes majeurs : la globalisation (il faut voir l’enfant dans sa globalité), les centres d’intérêts de l’enfant, son environnement, source de découverte et de savoirs et, enfin, l’idée de classe laboratoire ou d’école atelier où l’enfant vit, agit et découvre.
Rudolf Steiner: liberté et confiance... une pédagogie controversée
Rudolf Steiner (1861-1925) est un philosophe autrichien.
Steiner a élaboré une pédagogie qui s’appuie sur ses conceptions philosophiques de l’anthroposophie («sagesse de l’humain»). Elle se base essentiellement sur la créativité artistique de l’enfant et sur son ouverture au monde en s’adressant tant à la tête, qu’au corps ou au cœur. Elle se fonde sur l’idée de la liberté de l’homme, convaincue que l’amour, la confiance et l’enthousiasme, en lieu et place de l’ambition, la crainte et la compétition, dotent les enfants de la sérénité et des forces qui leur seront indispensables pour avancer dans un monde incertain, y réaliser leur projet d’existence, tout en contribuant au progrès humain. Pour lui, accueillir l’enfant à l’école, signifie le reconnaître dans sa singularité, établir avec lui une relation de confiance et de responsabilité. Dans sa conception de l’enseignement, l’enfant est un être autonome capable de penser, agir et sentir seul.
Dans les écoles Steiner, les enfants se voient proposer des activités artistiques et pratiques, auxquelles viennent se greffer des matières plus académiques. Les talents et aptitudes de chaque enfant sont valorisés sans hiérarchisation. La tâche de l’enseignant est de favoriser l’épanouissement de chaque enfant dont il a la charge, de l’accompagner vers la découverte de sa voie originale.”
Source : Freinet, Montessori, Decroly... de grands pédagogues, une autre conception de l’enseignement
https://ligue-enseignement.be/freinet-montessori-steiner-decroly-de-grands-pedagogues-une-autre-conception-de-lenseignement
En résumant :
- Freinet : l'enfant, le groupe, collaboration, confiance, valorisation et pairs et plus les programmes.
- Montessori : l‘enfant comme individu, éveil par le faire, l’auto-apprentissage, l’auto-dicipline et autonomisation dans un environnement positif encadré et en dialogue avec l’adulte.
- Steiner : ouverture au monde et créativité artistique par le savoir, le faire et l’empathie vers une autonomie responsable par l’amour, la confiance et l’enthousiasme accompagné par l’enseignant.
- Decroly : pour les enfants irréguliers (qui n’ont pas le même éventail de compétences que les autres), l’idée est de développer une méthode prenant en compte la globalité de l’enfant et ses centres d’intérêts lequel expérimente dans son environnement avec le professeur comme guide bienveillant.
Attention à ne pas confondre avec la «Méthode globale de l'apprentissage de la lecture» dont les résultats sont à peu près à l’inverse de la pédagogie globale. (Wikipedia - https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9thode_globale)
Ces 4 méthodes pédagogiques sont appelées de nos jours «nouvelles pédagogies» alors qu’elles ont été créées par des personnes décédées entre 1925 et 1966. Elles ne sont absolument pas démocratisées à travers le temps et restent des pédagogies marginales.
Pédagogies nouvelles et intelligence collective
Elles sont précurseures de l’intelligence collective d’aujourd’hui avec les notions fondamentales de confiance, de bienveillance et de collaboratif, d’autonomisation… Cette intelligence collective qui commence à devenir le standard de beaucoup d’entreprises et le rêve des nouveaux employés.
Il y a quelques années déjà, avec Denis Cristol et Jocelyne Turin, nous avions initialisé à trois un projet qui atteindra environ 1000 participants et qui avait pour objectif de poser les bases d’une nouvelle intelligence de groupe et la première chose qui a été importante à mettre en place est d’aider nos participants à désapprendre ce qu’ils connaissaient.
Car ils avaient appris à l’école, dans leurs entreprises, dans leurs institutions, la hiérarchie, l’individualisme, la compétition et n’avaient jamais appris d’autres méthodes ou posé des mots sur d’autres façons de faire. S’en est alors suivi une aventure collective intense de deux ans dont voici l’intitulé de la première semaine :
“Enjeu de la semaine 1
Cette première semaine vise à consolider votre groupe de pairs, à s'entraîner à des postures clés essentielles pour apprendre ensemble tout au long du cercle d'apprentissage :
- L'empathie
- L'altérité
- La réciprocité
Ces postures seront au cœur du cercle d'apprentissage et feront l'objet d'échanges en ligne grâce au module social Linkedin et d'échanges en petits groupes de pairs. Le groupe que vous aurez vous même constitué”.
Source : Cercle APE, Apprendre à apprendre ensemble
http://apprendreensemble.weebly.com/semaine-1.html
L’école a-t-elle la possibilité de changer ?
- L’école et la logique du marché du travail
L’école est censée former les futurs citoyens et travailleurs. Voici une dizaine d'années qu’est apparu le besoin de changer le formatage des apprentissages des élèves, mais l’école n’a toujours pas changé. Elle reste sur ses acquis et continue à travailler à travers le globe selon les principes hiérarchiques et compétitifs.
- L’école et le fonctionnariat
La frilosité et les enjeux qui y sont sous-jacents compliquent la tâche pour un responsable pédagogique au niveau étatique de faire changer déjà les fonctionnaires. Un fonctionnaire, qu’il soit actif ou passif, cela ne changera pas grand-chose à sa carrière. S' il n’a pas une motivation à l'enseignement, il ne changera pas.
- L’école et le recrutement des professeurs
Le recrutement est un problème généralisé. Est-ce que l’on doit recruter les meilleurs diplômés dont certains sont là pour le salaire et les vacances ou ceux qui ont la fibre de l’enseignement ? Ne vaut-il pas mieux avoir un enseignant qui n’est pas bardé de diplômes mais qui s'intéresse à l’avenir des élèves ?
- L’école et sa structuration
Mais, même pour ceux-ci, est-ce que leur motivation va résister à l’inspecteur pédagogique qui les obligera à rester dans le programme officiel plutôt que de s’adapter à ses élèves irréguliers ? Ne faut-il pas laisser un peu de liberté pédagogique aux enseignants ou alors ne faut-il pas inclure des options spécifiques aux cas particuliers dans les manuels ?
Nouvelles pédagogies ou pédagogies innovantes ?
“On entend beaucoup parler des pédagogies alternatives, avec leurs écoles pour la plupart issues du courant des pédagogies nouvelles nées à la fin du 19e siècle. Elles reposent sur les théories de divers pédagogues comme Maria Montessori, Rudolph Steiner, Augustin Freinet … Elles sont très sollicitées par les parents, en quête de sens pour leur enfant. La pédagogie innovante est une forme de pédagogie alternative qui ne s’appuie pas sur un courant précis. C’est plutôt une action pédagogique qui place l’élève au centre de l’apprentissage, pour l’aider à développer son bien-être et utilise des techniques innovantes pour une meilleure qualité d’apprentissage.
Elle se caractérise par la nouveauté, le changement, l’amélioration et la durabilité. D’ailleurs, le terme « innovation » désigne le fait d’introduire quelque chose de nouveau dans un domaine particulier. De ce fait, lorsque vous introduisez dans un cours, une méthode issue de la pédagogie Freinet, vous êtes déjà dans un mouvement d’innovation. L’enjeu est d’améliorer l’expérience éducative et l’apprentissage des élèves.”
Source : https://www.innovation-en-education.fr/pedagogie-innovante/
Il ne s’agit pas de s’identifier à un courant ou à un autre, mais plutôt de prendre ou développer ce qui est important ou utile pour l’école de demain dans toutes ces expérimentations alternatives en action depuis plus d’un siècle. Et, surtout, c’est un besoin qui va être de plus en plus pressant de la part du monde du travail.
Les principes de l’éducation nouvelle
"Voici les principes clés de la pédagogie nouvelle :
- Chaque élève est unique.
Reconnaître et identifier les capacités uniques de chaque élève est une première étape importante pour développer ses propres forces et l’aider à réaliser ses rêves.
Cette philosophie nouvelle affirme que chaque élève possède un ensemble de compétences intellectuelles et académiques uniques. Reconnaître et entretenir avec succès ces compétences est un excellent moyen d’améliorer leur réussite.
- L’importance de l’enfance
La pédagogie nouvelle a montré que l’enfance doit être repensée et considérée comme une étape nécessaire dans le processus d’accès à l’âge adulte plutôt qu’une simple phase temporaire.
Elle ne considère pas l’enfance comme une simple voie d’accès à l’âge adulte, mais comme une étape nécessaire à son épanouissement. Cela peut être observé dans la façon dont les enfants sont désormais considérés comme des agents qui créent leur propre savoir, jusqu’au moment où l’éducation est conçue avec cette nouvelle perspective à l’esprit.
- Une pédagogie active
C’est une pédagogie active qui met l’accent sur la stimulation de la créativité des enseignants et l’apprentissage des élèves.
En plus, elle est centrée sur l’apprenant et sa participation active au processus d’apprentissage.
En effet, dans ce Nouveau Monde d’apprentissage, les élèves ont leur mot à dire sur ce qu’ils apprennent. Ils ne se contentent plus de regarder ou d’écouter des conférences ou de lire des manuels, mais de participer activement au processus d’apprentissage.
Il s’agit de la participation des élèves avec des possibilités d’activités individualisées et collaboratives qui conduira à une éducation plus flexible et personnalisée.
Une école active est une école qui permet aux gens d’acquérir de nouvelles compétences en faisant eux-mêmes le travail. Elle contient les activités individualisées et collaboratives qui mènent à une éducation plus flexible et personnalisée.
- Une pédagogie ouverte
La pédagogie nouvelle est une pédagogie ouverte où l’éducation et la vie sont fortement liées. Il s’agit d’un processus d’apprentissage fondé sur les expériences et la participation plutôt que sur l’information ou les connaissances. Cela commence par les désirs et les besoins émergents des enfants, ce qui les rapproche de leur vie par opposition à la façon dont l’éducation traditionnelle était conçue dans le passé.
En effet, elle tente d’intégrer l’éducation et la vie en développant le développement personnel de l’enfant ainsi que ses apprentissages, d’une manière qui ne le sépare pas du monde.
- Favoriser le propre développement de l’enfant
les enseignants doivent être conscients de la façon dont les enfants apprennent et grandissent. Ils ont besoin de comprendre l’enfant dans sa globalité, avec ses propres manières de penser, de s’exprimer ou même de ressentir”.
Source : Les principes clés de la pédagogie nouvelle - avril 2022 - Équipe de BienEnseigner
https://www.bienenseigner.com/pedagogie-nouvelle/amp/
Les pédagogies basées sur les pédagogies nouvelles offrent la possibilité d’écoles adaptées à la société, au marché du travail et à ses évolutions. Le risque est minime. Ces pédagogies sont aguerries depuis des décennies. Les écoles traditionnelles ont le choix de sauter le pas ou pas.
Avec l'avènement mondial de l’intelligence artificielle et de d'autres technologies, il est fort probable que le vide non résolu généré par nos nouvelles modalités sociales soit comblé à moyen terme par d'autres façons d’enseigner et d’apprendre.
Illustration : Pixabay - Adelkazaika
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