Re-Mission : défaire le cancer
En cinq ans de prototypage et d'amélioration du gameplay, l'itération finale de Re-Mission est un jeu de tir à la troisième personne ayant l'aspect et la convivialité de certains des jeux vidéo populaires.
Publié le 16 octobre 2024 Mis à jour le 16 octobre 2024
En 2020 et 2021 il a fallu, pour éviter une propagation du virus de la covid-19, rester le plus possible chez soi. Cette période casanière a eu des effets sur nous dans les années suivantes. Sortir est devenu une bouffée d'air frais et cela a eu des répercussions jusque dans le système scolaire. L'idée des classes en extérieur a commencé à mieux se propager. Bien ancré dans les pays scandinaves, le concept a gagné des adeptes pendant et après la pandémie.
Faire classe dehors est souvent perçu avec l'image, toutefois, d'un cours "ordinaire" dans un contexte moins contrôlé. On en oublierait presque qu'un apprentissage extérieur peut mener au jeu. Ne faire que du magistral en forêt n'a aucune valeur ajoutée. Profiter du cadre pour que les élèves s'y amusent a bien plus de sens.
Parce que, devons-nous le rappeler, jouer n'est pas cette activité insensée qui n'apporte rien. Elle fait partie des premières façons pour le cerveau d'acquérir des compétences, de faire des liens et de comprendre des choses. Le bambin qui jette sans cesse son jouet par terre peut sembler énervant aux yeux du parent qui doit le ramasser. Pourtant, il répète le geste parce que non seulement ça l'amuse mais il peut saisir que dans ce monde, les objets sont attirés vers le sol et que selon la force qu'il met il ira plus ou moins loin. Même chose quand il réalise des sons étranges radotés en boucle; il expérimente le fonctionnement de ses cordes vocales, des transformations sonores qu'il peut réaliser avec sa gorge et sa bouche.
Jouer en nature permet donc, dès les premières années de vie, d'acquérir le tonus musculaire nécessaire pour apprendre à tenir un crayon, développer les bases du sens spatial des choses et même de tester des préceptes qui se retrouveront dans des mathématiques. Tous des éléments qui s'apprennent bien moins facilement devant des écrans. Voilà pourquoi les pédiatres et spécialistes de l'enfance encouragent au plus haut point les familles à ce que les enfants aillent régulièrement jouer dehors, même en plein hiver, afin d'obtenir de meilleures compétences physiques, sociales et intellectuelles par le jeu.
Les critiques pourraient toutefois pointer que l'école n'est pas la place du jeu. Les élèves doivent ressortir de leur année scolaire avec des compétences et des savoirs spécifiques. Passer que du temps à jouer dehors n'apportera rien que du retard, serait-il facile de croire. Pourtant, la recherche en pédagogie montre de plus en plus les effets bénéfiques holistiques de cette approche didactique. Le contact avec la nature et la possibilité d'y aller et d'y dépenser un peu d'énergie est une véritable chance pour les apprenants. Il est déjà possible de trouver des potentiels pédagogiques dans le jeu libre mais rien n'empêche de guider un brin le jeu afin qu'il réponde à des objectifs précis.
Au Québec, Pascale Tremblay et Julie Turcotte ont développé le programme «Mission plein air» afin de donner différentes idées aux enseignants. Il est possible d'organiser des joutes de "football-mathématique", de créer des courses à relais de mots de vocabulaire, de jouer à dénicher des formes géométriques ou des motifs dans les bois, etc. Cette approche est d'autant plus intéressante que les experts en éducation savent que la pensée abstraite est plus difficile à acquérir chez les jeunes. Combiner des concepts plus théoriques avec le concret du jeu à l'extérieur allie le meilleur des deux mondes.
Il existe une pléthore d'approches ludiques pour aborder différents sujets éducatifs. Les petits pourront s'amuser à tenter de trouver dans un milieu naturel des éléments pour chaque lettre de l'alphabet ou écrire un poème sur une fleur ou une feuille d'arbre qu'ils ont ramassé. Les plus grands pourront développer des chasses au trésor ou jouer aux commerçants qui vendent des éléments naturels (les obligeant à calculer).
Certes, ces séances de jeu exigent une planification et surtout une capacité pour l'enseignant de bien surveiller son groupe. Toutefois, les répercussions positives de ces séances d'apprentissage uniques seront plus visibles et abondantes que les longues sessions magistrales entre les quatre murs d'une classe.
Image réalisée par l'IA (Copilot)
Références :
Allard, Sophie. "Apprendre en plein air : 10 expériences et activités à faire avec les enfants." Vifa Magazine. Dernière mise à jour : 28 mai 2021. https://vifamagazine.ca/bouger/activites-familiales/experiences-et-activites-a-faire-avec-les-enfants-pour-apprendre-en-plein-air/.
"The importance of outdoor play, even in the winter." BrightPath Child Care & Daycare Centres. Dernière mise à jour : 14 janvier 2022. https://brightpathkids.com/family-blog/benefits-of-outdoor-play-in-the-winter.
"Jouer dehors favorise les apprentissages scolaires." Vifa Magazine. Dernière mise à jour : 10 mai 2021. https://vifamagazine.ca/comprendre/sante-physique/jouer-dehors-favorise-les-apprentissages-scolaires/.
Kennedy, Nicoletta. "Outdoor play is important and boosts learning." First Things First. Dernière mise à jour : 30 juillet 2024. https://www.firstthingsfirst.org/first-things/active-outdoor-play-boosts-learning/.
Rekers, Angie, et Jane Waters. "Young children’s outdoor play-based learning." Encyclopedia on Early Childhood Development. Dernière mise à jour en juillet 2024. https://www.child-encyclopedia.com/outdoor-play/according-experts/young-childrens-outdoor-play-based-learning.
Roy, Marie-Josée R. "Jouer dehors pour mieux apprendre !" Le Devoir. Dernière mise à jour : 7 février 2024. https://www.ledevoir.com/societe/education/806363/pedagogie-plein-air-jouer-dehors-mieux-apprendre?.