Mettre en relation texte et image
Les élèves au brevet de français se font généralement poser une question à partir d’un texte et d’une image et de ressortir les similarités (ou les différences). Comment bien répondre à cet exercice?
Publié le 23 avril 2025 Mis à jour le 24 avril 2025
Cela n’est guère réjouissant mais il semble bien qu’une guerre aux sciences se déploie dans plusieurs pays. Les États-Unis sont l’exemple le plus frappant par l’idée de l’abolition du département de l’Éducation et surtout par la nomination à la tête du département de la santé d’un des individus les plus critiques par rapport aux vaccins, aux épidémies et autres. Au moment d’écrire ces lignes, par exemple, le réseau américain NBC dévoilait qu’une transmission importante d’E. Coli dans 15 États avait eu lieu sans que la FDA prévienne le public, ayant causé un mort et 88 malades sérieux, dont un garçon qui a bien failli trépasser par insuffisance rénale.
Les attaques répétées du gouvernement américain et d’autres juridictions laissent craindre le pire pour les prochaines années pour tous les domaines scientifiques. En réaction, le monde des sciences se mobilise. Certains chercheurs vont s’exiler dans des lieux plus ouverts, comme le Canada ou la France. Néanmoins, comment une société se prémunit-elle contre de telles attaques ? En redonnant une place particulière à la science, et cela, autant parmi la population en général que chez les plus jeunes.
Nous partons tous avec une certaine expérience du monde quand nous entrons à l’école. Notre vision a été forgée par ce qu’il nous a été possible de voir, d’entendre et d’imaginer dans notre environnement. Évidemment, cette approche est parcellaire et imparfaite ; elle sert à combler le besoin de savoir en attendant l’entrée dans le système scolaire qui viendra fournir des morceaux plus consistants. Ceux-ci pourront changer au fil du temps avec les avancées scientifiques mais ils restent plus proches de la réalité. Il s’agit d’un processus sur une période moins longue de ce qu’a vécu l’humanité : des phénomènes ont été associés au surnaturel ou aux déités et finalement, avec le temps, nous avons réussi à les comprendre et même à les reproduire.
Comme le rappelle ce mémoire, les cours de sciences servent donc à défaire, en partie, les conceptions initiales et elle peut surtout y arriver par l’investigation expérimentale. En effet, le danger de la didactique de la science est de tomber dans une litanie de théories dictées comme de grandes vérités sans que les apprenants puissent le voir de leurs yeux. Cela peut par ailleurs partiellement expliquer le scepticisme extrême de certains adultes. Étant éloignés de la démarche scientifique, ils finissent par accepter des théories du complot et autres élucubrations sans réaliser les implications d'un processus scientifique baclé.
Cet article américain propose d’ailleurs un enseignement triangulaire de la science en éducation.
Bien des observateurs notent que la revalorisation passe en bonne partie par le contact avec la nature. Parce que si une part de la science se fait en laboratoire, les chercheurs ne sont pas toujours isolé, loin de la réalité concrète. La plupart doivent aller dans différents milieux, qu’ils soient naturels ou humains, afin de vérifier leurs théories. L’approche du contact auprès d’éléments naturels leur permet de remarquer des notions dans leur environnement scolaire ou proche de leur établissement, d’imaginer des hypothèses, de faire des liens avec ce qu’ils connaissent déjà ou ce qu’ils ont appris en classe. Toutes des postures qu’adoptent les chercheurs au cours de leur démarche.
D’ailleurs, il peut être très intéressant aussi de garder des preuves physiques des étapes de l’expérimentation et du raisonnement. Les cartes mentales, les schémas, les gribouillis sur des bouts de papier, tout cela devrait minimalement être consigné afin de voir le cheminement d’une expérience, d’une recherche, etc. Cela donne l’occasion de saisir concrètement la modification de la pensée des hypothèses initiales à la conclusion. Un travail que font aussi les spécialistes, peu importe leur domaine. Analyser les données, noter les questions soulevées et autres sont des éléments essentiels à inculquer à une classe.
Pour y arriver, certaines structures scolaires, comme la Commission scolaire de Montréal (CSSDM), proposent de multiples pistes afin d’introduire cette philosophie par le biais d’ateliers itinérants, d’activités dans les écoles, par du matériel pédagogique utilisable clé en main par les enseignants, etc. Par la répétition de la méthode scientifique pourrait naître, espérons-le, des générations qui apprendront à raisonner et à se méfier des absolus proférés sans rien pour le prouver derrière.
Image : Patricia Lacolla de Pixabay
Références :
Acchione, Kristin. "A triangular approach to science instruction." Edutopia. Dernière mise à jour : 11 février 2025. https://www.edutopia.org/article/getting-elementary-students-engaged-science/.