Les grands schismes et la raréfaction des livres
Les livres se raréfient au profit du metavers, c'est un fait, mais n'est-ce pas juste un média et un changement dans le dosage de l'aventure qui est réellement en jeu ?
Publié le 29 janvier 2026 Mis à jour le 29 janvier 2026
La Spine Race est souvent décrite comme l'un des ultra-marathons les plus difficiles d'Europe.
“Sarah Thomas, survivante d'un cancer du sein, est devenue le 17 septembre 2019 la première personne à avoir traversé la Manche à la nage quatre fois d'affilée. Une performance de 54 heures !”(3)
Force, puissance et explosivité restent souvent des domaines dominés par les hommes dans le domaine sportif. Mais dès que l’on s’aventure sur les terrains de l’endurance extrême, de la précision ou de la résilience, la hiérarchie change.
Le sport de haut niveau a longtemps été pensé par et pour les hommes, reléguant le corps féminin à une version « réduite » du modèle masculin. Alors que les études scientifiques sur le sport féminin restent minoritaires, une réalité biologique émerge : si la force explosive est l'apanage des hommes, l'endurance extrême et la capacité d'adaptation métabolique sont les véritables super-pouvoirs des femmes.
En 2021, seuls 6% des études en médecine du sport portent sur les femmes (4). Historiquement, les protocoles d'entraînement ignorent les spécificités hormonales et métaboliques féminines faute de données suffisantes. Appliquer des méthodes basées sur l'hypertrophie musculaire masculine aux femmes est une erreur physiologique. Sans une compréhension fine du cycle et de l'utilisation de l'énergie, on limite le potentiel des athlètes féminines et on augmente le risque de blessures.
Or, ces spécificités sont connues. Guillaume Millet, chercheur au Laboratoire interuniversitaire de biologie de la motricité (LIBM) de l’université de Saint-Etienne, spécialiste de ces questions, propose de considérer que le métabolisme féminin pourrait utiliser plus efficacement les graisses comme apport d’énergie. Par ailleurs, lui et ses équipes ont directement testé une hypothèse selon laquelle les femmes seraient plus résistantes à la fatigue et aux dommages musculaires.
« Sans que l’on sache exactement pourquoi, il est possible que les fibres musculaires des femmes soient plus résistantes, explique le chercheur. Une deuxième explication pourrait tenir au fait que les fibres musculaires spécialisées dans les efforts de longue durée, et qui se fatiguent peu, occupent plus d’espace chez la femme que chez l’homme par rapport aux fibres dites rapides, sollicitées lors de course de vitesse, par exemple. » (5)
Une équipe de chercheurs américains (Oleg Varlamov, Cynthia L.Betea, Charles T. Robert Junior) a montré que les hommes et les femmes ne consomment pas l'énergie de la même manière, principalement en raison de leurs hormones (oestrogènes chez la femme, testostérone chez l'homme) et de leur génétique (6).
Les femmes sont naturellement programmées pour stocker plus facilement les graisses (sous la peau, notamment sur les hanches et les cuisses) pour répondre aux besoins énergétiques de la grossesse et de l'allaitement.
Elles utilisent mieux les graisses comme carburant et préservent leurs réserves de sucre (glycogène) plus longtemps. Les hommes, de leur côté, ont tendance à stocker les graisses au niveau du ventre (graisse viscérale) et utilisent davantage les glucides (sucres) lors d'efforts physiques intenses.
Le corps féminin est optimisé pour la gestion efficace des graisses et la sensibilité à l'insuline, tandis que le corps masculin est davantage axé sur une utilisation rapide des sucres, avec une masse musculaire plus importante.
Grâce à une meilleure capacité à oxyder les lipides, les femmes sont souvent plus résistantes à la fatigue sur des épreuves de très longue durée (ultra-trail, longues distances), car elles épuisent moins vite leurs réserves de glycogène que les hommes. La sensibilité à l'insuline étant généralement meilleure chez les femmes, leur corps traite plus efficacement les nutriments après l'effort, ce qui peut influencer la rapidité de la récupération musculaire.

Le corps féminin est biologiquement conçu pour survivre et s'ajuster à des stress physiologiques intenses (grossesse, jeûne, variations hormonales).
Trois types de souplesses physiques sont habituellement distinguées :
Chez les femmes, cette dernière est plus importante que chez les hommes.
“La souplesse articulaire, renforcée par la présence d’œstrogènes, favorise aussi bien la performance que la récupération chez les femmes, affirme Miho Tanaka, spécialiste en médecine du sport.
Toutefois, cette élasticité peut accroître le risque de blessures, en particulier au niveau des articulations : un enjeu d’autant plus sensible que la spécificité du suivi médical sportif féminin demeure rare. Parallèlement, le tissu adipeux féminin se distingue par une capacité à emmagasiner ou libérer l’énergie, offrant ainsi une réserve précieuse en cas de besoins métaboliques accrus, comme lors d’efforts extrêmes ou de fluctuations de poids.”
La force féminine résiderait dans une grande faculté d’adaptation dans des épreuves demandant une grande quantité d’énergie et au final une résilience plus dynamique. Les femmes ne sont pas des hommes "moins forts", mais des athlètes dotées d'un moteur différent, optimisé pour la durée et la survie.
Ces recherches ouvrent des voies passionnantes pour une approche "sur-mesure" de la performance féminine qui exploite leur supériorité en gestion énergétique et en résilience. Des modes d'entraînement spécifiques pourraient en résulter afin d’en améliorer l’efficience (8).
Illustration : Shutterstock_2546383197
Références
1 Jasmin Paris- Wilipedia- https://fr.wikipedia.org/wiki/Jasmin_Paris
2 Courtney Dauwalter, Camille Herron, Tara Dower - 3 septembre 2025- U-Trail- https://www2.u-trail.com/courtney-dauwalter-camille-herron-et-maintenant-tara-dower/
3 Survivante d'un cancer du sein, une Américaine traverse quatre fois la Manche à la nage sans s'arrêter- Sciences et Avenir- 17 Septembre 2019- https://www.sciencesetavenir.fr/sante/cancer/une-americaine-traverse-quatre-fois-la-manche-a-la-nage-sans-s-arreter_137327
4 “Invisible Sportswomen”: The Sex Data Gap in Sport and Exercise Science Research” - Human Kinetics Journal- 21 septembre 2021 https://journals.humankinetics.com/view/journals/wspaj/29/2/article-p146.xml
5 LES FEMMES SERAIENT-ELLES PLUS ENDURANTES QUE LES HOMMES ? CDOS Loiret - Janvier 2026- https://sportloiret.fr/2026/01/26/les-femmes-seraient-elles-plus-endurantes-que-les-hommes/
6 Sex-specific differences in lipid and glucose metabolism - Oleg Varlamov et autres Centre national de recherche sur les primates de l'Oregon, Beaverton, OR, États-Unis- Janvier 2015 - FrontiersIn https://www.frontiersin.org/journals/endocrinology/articles/10.3389/fendo.2014.00241/full
7 On pensait les femmes moins endurantes que les hommes… la science prouve l’inverse !- Passeport Santé - Janvier 2026- https://www.passeportsante.net/magazine/sport?doc=endurance-feminine-femmes-revelent-force-resistance-longtemps-insoupconnees#souplesse-du-corps-feminin-et-adaptabilite-tissulaire
8 Filles agiles et garçons fragiles - Thot Cursus- Septembre 2022- Sandra Minobe- https://cursus.edu/fr/25054/filles-agiles-et-garcons-fragiles-these