En économie, l'équilibre entre «faire plus d'argent» et «ne pas tuer la poule aux oeufs d'or» n'est pas facile à trouver, pas plus qu'entre la satisfaction des individus et l'ambition personnelle ou entre l'éthique et la facilité. Abondance, équité et bonheur font face aux pulsions de pouvoir, d'égoïsme et de peur de la pénurie, le tout dans une perspective de croissance infinie.
Pourtant, il est assez
évident que la croissance infinie sur une planète finie est insoutenable
et que l’exploitation débridée de la masse ou de l'environnement au profit d’une minorité mène
systématiquement à l’effondrement du système complet. Dans
l'histoire humaine, toutes les révoltes paysannes se sont toujours mal terminées, pour tout le monde. Des civilisations entières sont disparues faute d'avoir su préserver un équilibre écologique.
La pensée économique moderne, longtemps
tiraillée entre capitalisme, socialisme et communisme migre
progressivement vers une pensée purement matérialiste et numérique, qui
trouve le moyen d’inclure pratiquement toutes les activités dans sa logique, y compris l’environnement.
Même si les philosophies sont
très différentes entre le public et le privé, les importances économiques des différents secteurs en termes de capital et de dépenses sont très
complémentaires : les taxes et impôts prélevés sur l'activité économique
sont réinvestis en infrastructures, éducation, santé, recherche et dans bien
d'autres domaines qui profitent en retour à l'économie. On peut bien
demander à une route ou a une école primaire d'être rentable, mais il
est plus simple et efficace d'en assurer l'opération sans y attribuer une
valeur monétaire directe. On peut aussi étendre ce principe au transport en commun ou en santé de base.
Les États ne sont pas tenus de faire de l’argent mais d’assurer le bien-être et le bon fonctionnement de la société. Leur rôle de régulateur est vital pour limiter les dérapages du système économique. Les principes sur lesquels ils s'appuient déterminent à la fois la prospérité des nations et l'équité du partage. L'éducation y est au premier plan.
Denys Lamontagne - [email protected]
Illustration : k3studija - DepositPhotos