Que la grande majorité des musiciens ne vive pas de leur art ne change rien au fait que tout le monde peut chanter ou jouer d'un instrument. D’abord, on joue de la musique, avec tout ce que ça implique de plaisir et de spontanéité; ensuite on commence à s’améliorer, à jouer ses préférences, à affirmer son style et éventuellement à composer puis graduellement à enrichir son répertoire et toucher un auditoire plus étendu, jusqu’à étendre sa réputation et se professionnaliser.
Même professionnel, le musicien continue de jouer avec les émotions, les siennes et celles de son auditoire; il sait créer une ambiance, plus ou moins énergique. Spectacle endiablé, salle de danse, station de métro, salle d’écoute, ascenseur, salle d’attente, période d’étude, cérémonie, entrainement, cinéma, etc. Il semble y avoir une musique propice à chaque endroit, activité ou moment, le tout dans un mélange de préférences et de styles apparemment unique à chaque personne.
Entre les disques 78 tours qui pouvaient contenir un enregistrement de 4 minutes par face, joué sur un gramophone détenu par quelques privilégiés et l’écoute en continue, sur tout genre d’appareil et accessible à plus de 3 milliard de personnes, il y a une industrie musicale qui a su multiplier les occasions de faire écouter la musique.
Mais voilà qu’arrive l’intelligence artificielle, capable d’identifier nos préférences, d’indiquer celles qui plairont au plus grand nombre, d’assister les compositeurs et les orienter vers le maximum d’effet en augmentant leur capacité à nous toucher. Nous rendra t’elle insensibles et blasés ? C’est sans compter sur la créativité humaine qui sait découvrir de nouvelles façons de jouer et d’écouter de la musique dans des styles toujours plus variés, pour notre plus grand plaisir.
Bonne fête de la musique
Denys Lamontagne - [email protected]
Illustration : S_Razvodovskij - DepositPhotos