Dossiers de la semaine

Chaleur

Est-ce que la fièvre de la biosphère va nous aider à admettre que les lois de la biologie ont préséance sur les lois économiques ? Tant que nous croyons que des solutions technologiques étrangères à la vie sont la voie à poursuivre, il y a peu de chances que nous y parvenions. Si Icare avait pu installer un système de refroidissement sur ses ailes, il serait juste allé un peu plus loin avant de griller. C’était l’intention le problème, non pas les ailes.

Traditionnellement, les établissements de formation fermaient durant la saison chaude, mais maintenant que cette saison s’étire et qu’ils fonctionnent souvent aussi l’été, ils constatent les effets de la chaleur sur les capacités d’enseignement et d’apprentissage. Beaucoup d'établissements éducatifs ont entrepris des actions environnementales conséquentes dans cette optique.

Si la climatisation est une solution facile, elle n’est pas pour autant à la portée de tous ni sans conséquences. La consommation énergétique pour climatiser ne cesse d’augmenter et en plus, comme les humains, bien des systèmes comme les ordinateurs fonctionnent mieux à la fraiche. Il faut aussi les refroidir, ainsi que les aliments et l’essentiel de nos activités dites productives, le tout dans une boucle qui amplifie le problème car les 3/4 de l’énergie consommée sur terre est d’origine fossile. L’augmentation de la production d’énergie renouvelable ne compense même pas l’augmentation de la consommation… 

Heureusement, des solutions existent et les meilleures se basent sur la nature. Chaque plante, chaque insecte, chaque animal est autant de force biologique qui travaille, avec pour seul salaire la satisfaction de vivre. Les jungles, même au coeur des villes, réussissent à climatiser leur environnement, en autant qu’elles aient de l’eau. La prolifération de la vie sur terre s’appuie principalement sur ses capacités de gestion de l’eau, autant dans son abondance que son irrégularité ou sa rareté. Des réserves des cactus ou des chameaux jusqu’aux racines des baobabs ou des mangroves, des capteurs d’humidité des insectes jusqu’aux collecteurs des plantes des páramos, la nature nous montre qu’il n’y a aucune fatalité à laquelle nous ne pouvons faire face. 

Nous avons quelques chantiers intéressants en perspective et surtout des priorités à redéfinir.

Denys Lamontagne - [email protected]

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