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Publié le 18 février 2026 Mis à jour le 18 février 2026
Comment, en tant que formateur, peut-on avoir la certitude d’avoir transmis de manière efficiente les connaissances aux apprenants ? Très souvent, les livrets scolaires sont remplis sous la base des évaluations ponctuelles qui ne reflètent pas nécessairement la compréhension des notions abordées.
En plus, selon la forme du jour, un élève peut cartonner ou sombrer dans le cadre d’une évaluation, ce qui ne renvoie pas automatiquement à son niveau de compréhension. Ainsi donc, à partir des notions précises, nous allons démontrer qu’il existe d'autres formes de vérification, en tant que formateur et pédagogue, que l’on a bien joué son rôle de facilitateur.
Il s’agit de l’analogie et de la curiosité, l’une est l’aboutissement de la compréhension et l’autre le processus de la compréhension.
Dans le cadre de l’apprentissage, surtout si l’on se retrouve à un niveau primaire, la phonologie, la phonétique, la grammaire, l’orthographe, pour ne citer que ces exemples, sont des compétences basiques visées. Elles sont contrôlées à travers la mise en texte et la mise en voix. On est certain que l’orthographe des mots, la structure syntaxique, la prononciation de mots etc. a été bien acquise grâce à la lecture et la production écrite des apprenants.
Nous parlons là des compétences qui sont exposées quotidiennement et non pas d’évaluations spontanées qui peuvent être biaisées. Si dans le cadre de ces matières, l’on peut être certain des apprentissages parce que la vie au quotidien invite à les pratiquer, qu’en est-il des autres disciplines ? Suffit-il de faire une évaluation en géographie, en histoire, en mathématique pour être certains de l’atteinte des objectifs ? L'expérience des enseignants démontre que ce n'est pas nécessairement le cas; d’autres critères existent et peuvent davantage permettre au formateur de mieux évaluer ses enseignements. Commençons par la mise en parallèle ou l’analogie.
L’analogie, ou par extension la mise en parallèle, est l'une des données importantes dans la quête de la certitude dans l’enseignement. Dans le cadre de mes activités de formation en art oratoire, je l’ai expérimenté dans l’usage des proverbes chez les adolescents. Pour savoir s’ils ont bien appréhendé un proverbe, je leur demande de l’utiliser dans un exemple différent du mien et très souvent, je juge la compréhension du proverbe -qui exige une certaine intelligence- à travers la proposition des exemples qu’ils offrent.
Dans ce sens, l’illustration «une personne qui s’occupe bien de ses enfants lorsqu’elle sera vieille méritera de bénéficier également de l’assistance de ses enfants» pour expliquer le proverbe, «fatigue toi pour la terre et elle se fatiguera pour toi» m' a servi d’exemple.
Une jeune apprenante, pour me faire comprendre qu’elle a bien cerné le proverbe, a fourni cet autre exemple «Un élève qui étudie bien ses leçons aura un bon travail quand il sera grand». Un autre a proposé «Si tu plantes plusieurs pommiers dans ta cour, ils produiront beaucoup de fruits pour toute la famille» Pour être plus concret, il a précisé : "si je vois mon papa en train de creuser des trous pour planter des arbres chaque jour, et je lui dis 'papa pourquoi es-tu toujours en train de travailler', il peut me répondre "Fatigue toi pour la terre et elle se fatiguera pour toi". Toujours en s’appuyant sur les proverbes, leur usage dans les situations de communication réelles permet de mieux les appliquer. C’est donc par analogie que les illustrations sont faites. L’exemple vaut mieux que la leçon, mais un exemple qui vient davantage des apprenants vaut triplement mieux que celui du formateur.
"Du point de vue anthropologique, l’analogie est une forme de pensée qui postule que les choses, les êtres et les événements se reflètent les uns dans les autres. Pour la pensée analogique, connaître, c’est déchiffrer des ressemblances. Ainsi conçue, l’analogie est au fondement de toutes les gnoses. L’analogie, par les liens qu’elle élabore, produit « un sentiment cosmique où triomphe l’ordre, la symétrie, la perfection » (Gadoffre, Walker, Tripet 1980 :50).
Du point de vue de l’histoire des idées, cette forme de pensée a connu son apogée à la Renaissance, où le monde « sublunaire » était, par l’analogie, mis en correspondance avec les sphères célestes et, généralement, avec le monde divin." (Plantin, 2011 : 111)
La connaissance est donc davantage explorée grâce à l’analogie. C’est donc logique que l’analogie serve également d’approcher d’évaluation tout comme la curiosité.
En tant que formateur, si vous vous trouvez face à un groupe qui manifeste un degré débordant de curiosité, il y a de fortes chances que vous soyez sur la bonne voie. Lorsqu’un apprenant manifeste un intérêt accumulé pour un sujet, pose des questions et cherche à en savoir plus, cela indique non seulement une assimilation des connaissances de base, mais aussi un désir d’exploiter et d’approfondir des concepts.
Cette dynamique va au-delà de la simple mémorisation et reflète une capacité à réfléchir de manière critique et à établir des liens, rendant l’apprentissage plus significatif. Il faut donc encourager cette curiosité qui garantit aux éducateurs que les apprenants ont non seulement acquis les notions fondamentales, mais qu’ils sont également prêts à les appliquer dans divers contextes et à poursuivre leur quête de connaissances.
L’éducation à la curiosité est d’ailleurs reconnu par plusieurs pédagogues et institutions. L’académie de Nantes en France, dans un article destiné à l’enseignement de l’éducation physique et sportive, postule qu’«Une éducation à la curiosité est un atout pour apprendre, et cela quelle que soit la pratique proposée.». En promouvant la curiosité, le corps professoral se dote d’un puissant outil d’évaluation des compétences.
En plus de la curiosité et de la logique, nous pouvons également ajouter la créativité. Cette dernière pourrait être le prolongement de l’analogie dans la mesure où elle plonge dans la proposition d'exemples nouveaux et d’idées nouvelles.
Au demeurant, l'évaluation ponctuelle est certes un début de certitude dans la transmission des savoirs mais a besoin de se faire accompagner par d'autres formes de démonstration comme l’analogie et la curiosité pour mesurer davantage l’atteinte des objectifs dans l’apprentissage. Il ne saurait avoir trop de curiosité dans le cadre de l'apprentissage.
Références
Benetau, Damien, 2013, « Cultiver la curiosité des élèves : Avoir envie, c’est être en vie ! »,
https://urlr.me/GXpF9u (.pdf)
Plantin, Christian, (2011), « Analogie et métaphore argumentatives », A contrario N0 16, sociales, pp 110-130 - https://shs.cairn.info/revue-a-contrario-2011-2-page-110?lang=fr