Publié le 05 novembre 2020Mis à jour le 05 novembre 2020
Je me lance : je vais parler en public
Préparation, travail du souffle et des représentations : trois étapes pour dépasser ses peurs !
Comment peut-on avoir l’audace de se présenter face à un groupe pour prendre la parole ? Où trouver l’énergie et la confiance en soi pour oser ? Comment se préparer pour éviter le blocage des mâchoires et du souffle ? Nous vous proposons un parcours où nous rencontrerons des orateurs, mais aussi des chanteurs et qui vous amènera à faire quelques grimaces devant votre ordinateur.
De la préparation, de la préparation, de la préparation
Parler en public peut être un projet sur le long terme. Mais quel est ce public ? Est-il connu de vous ou inconnu ? S’agit-il de 20 personnes, de 100 ou de 1000 ? Si la réponse est 1000, commencez par des groupes plus restreints et augmentez progressivement la taille. Le principe est de multiplier les expériences positives qui vont nous donner confiance en nous. Dans la prise de parole, comme dans toute activité et sans doute encore davantage, on se nourrit des réussites précédentes et de l’image que nous renvoie à chaque fois notre audience.
Pour prévenir le trac, on peut se concentrer et se remémorer des épisodes qui se sont bien passés et qui se rapprochent de la situation qu’on s’apprête à vivre. Il s’agit de visualiser, de se remémorer, jusqu’à se sentir dans la même ambiance, comme si on revivait l’événement. On parle d’ancrage quand une première expérience fige notre représentation. Un mauvais souvenir de parole en public peut nous revenir en mémoire pendant des années, au plus mauvais moment, c’est-à-dire avant de se présenter face à une audience. Mobiliser notre mémoire sur une expérience positive apporte un ancrage favorable, qui nous aidera à affronter une situation proche.
Nous pouvons aussi nous projeter dans le temps et imaginer notre prise de parole, de manière positive. Souvent, le stress nous fait au contraire imaginer tous les scénarios catastrophes. Un participant qui nous casserait l’ambiance, un ennui technique, un ordre du jour bousculé qui nous obligerait à tout faire en deux fois moins de temps, etc. Plus on y pense, plus on se paralyse. Visualiser de façon positive permet au contraire de faire une série de répétitions qui se passent bien.
C’est ce que font les sportifs, skieurs, perchistes, champions de saut en hauteur. Ils imaginent leur parcours encore et encore. Ils n’imaginent pas qu’ils tombent ou glissent, mais qu’ils font les mouvements parfaits. Visualiser les mouvements facilite l’action, mais cela met aussi dans l’état d’esprit qui permettra de réussir.
Le souffle
Gérer sa respiration et son souffle apporte la qualité d’énergie nécessaire pour faire face à son public. Dans une situation de trac ou plus généralement de stress, nous avons tendance à bloquer la respiration, ou à la limiter à la cage thoracique. Retrouver un souffle plus lent, plus complet peut aider l’organisme à se relâcher. Et pour cela, c’est le diaphragme qui doit travailler. Il se baisse, le ventre se gonfle un peu et les poumons peuvent se remplir. Il se relève et les poumons sont accompagnés dans leur expiration.
Être attentif à son souffle et à son rythme, s’ancrer sur le sol, dégager ses épaules et adopter une position stable évitent les blocages physiologiques qui peuvent précéder une prise de parole. On y ajoutera un verre d’eau ! Laissons le docteur d’un célèbre jouet nous expliquer visuellement cette mécanique.
Pour approfondir, nous vous invitons à voir le développement de Jean Sommer, coach vocal et formateur sur cette respiration basse.
Les orateurs peuvent s’inspirer très utilement des chanteurs. Le souffle est un de leurs instruments de travail, comme la voix et la posture. Les capsules d’Antoine Rudi sur YouTube nous proposent des explications, mais aussi des exercices. Votre entourage vous verra rapidement faire des grimaces face à votre écran, vous masser énergiquement les mâchoires et plus délicatement les tempes. Arriver face à un auditoire avec le bas du visage crispé augure mal de la prise de parole qui va suivre !
Avec beaucoup de clarté dans ses explications, la cantatrice Isabelle Trottier propose aussi quelques exercices. Elle nous conseille aussi sur la posture qui convient au chant, mais également à la parole.
Les « messages contraignants »
Popularisés par les techniques inspirées de l’analyse transactionnelle, les « messages contraignants » sont des voix que nous entendons en situation de stress et qui nous indiquent la conduite à tenir. Elles ont contribué à nos réussites et nous ont construits. Nous les avons construites à partir des injonctions de nos parents et d’autres personnes qui nous ont éduquées pendant l’enfance. Ce sont des moteurs la plupart du temps, mais ce sont aussi des freins.
Parmi ces messages, on cite couramment « fais plaisir », « sois fort », « dépêche-toi », « sois parfait »... Quel lien avec le trac ? Selon la force de ces messages et l’importance qu’ils ont pour nous, ils peuvent devenir paralysants. Le perfectionniste qui porte le message « sois parfait » peut être paralysé à l’idée de ne pas maîtriser totalement son sujet. La personne qui entend « sois fort » avant de prendre la parole sera bloquée à l’idée qu’on percevra l’émotion qu’elle ressent de parler devant autant de personnes.
On utilise parfois l'expression « pilote » pour définir ces messages,
tant ce modèle insiste sur la prise de contrôle de ces mots d'ordre, qui
bloquent notre capacité à élaborer une stratégie de communication, et
nous indiquent quoi faire...
La prise de parole est une compétence qui se construit sur la durée, faite à la fois de technique et de posture. Christine ABADIE insiste néanmoins sur l'absence de modèle unique. Il faut être cohérent et trouver son style. Vouloir ressembler à l'image que l'on se fait du "bon orateur" ne peut que contribuer à nous figer et à manquer de congruence. Un des secrets pour nous aider à dépasser la peur du public est d'être nous-même indulgents vis-à-vis de nos propres imperfections, qui nous paralysent alors qu'elles rendent souvent vivantes et humaines nos prises de parole !
Illustrations : Frédéric Duriez
Ressources
Christine ABADIE — IONISx — la parole en public — l’éloquence n’est pas un don — vidéo datée de 2018, consultée le 1er novembre 2020 https://youtu.be/gRgShp4Sj30
Isabelle Trottier ; Culture AT — Technique de respiration, souffle, voix — vidéo datée du 14 novembre 2014, consultée le 1er novembre 2020 https://youtu.be/gRgShp4Sj30
Antoine RUDI — Bien chanter — Détendre sa mâchoire - vidéo datée du 16 juillet 2017, consultée le 1er novembre 2020 https://youtu.be/H0QZGpSDDxA
La parole est entendue mais si on ne peut répondre par la parole soi-même, y a t'il d'autres moyens ? Ces moyens alternatifs de communication sont appelés outils de Communication Alternative Améliorée ou CAA.
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Le portail aragonais de la communication améliorée et alternative (Arasaac) propose aux professeurs, parents et aides aux personnes affectées d'un handicap de communication différents systèmes de symboles, tant graphiques (photos, dessins, pictogrammes, mots ou lettres) que gestuels (mimiques, gestes ou signes manuels) et également des ressources logicielles et matérielles.
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