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Publié le 29 novembre 2022 Mis à jour le 30 novembre 2022

Quelle école pour demain ?

La réponse est d’abord dans «Quel futur pour demain ?»

Plateau d'échecs

Notre époque peut être qualifiée de d'hyper innovatrice couplée à une grande désinvolture. Tous ne sont pas également doués à saisir les occasions. C'est le cas des structures scolaires et universitaires; même en tant que dépositaire de l’avenir des futures générations, ce sont elles qui bougent en dernier. Pourtant, des changements profonds sont à mettre en œuvre au plus tôt pour solutionner les problèmes environnementaux, sociétaux et d’emplois.

Parmi ces problèmes, le décalage de plus en plus grand entre la pertinence professionnelle des demandeurs d’emploi et les offres d’emploi proposées sur le marché ainsi que des demandes de nouveaux profils pour répondre aux innovations.

“La pénurie de main-d’œuvre qualifiée atteint une ampleur sans précédent : +68 %

Zurich, le 28 novembre 2022 – Après un relâchement de la tension imputable à la pandémie de COVID-19 au cours des deux dernières années (2020 et 2021), la pénurie de main-d’œuvre qualifiée en Suisse repart à la hausse de manière spectaculaire.

L’indice de la pénurie de main-d’œuvre qualifiée atteint actuellement un niveau record, faisant du recrutement de personnel un défi majeur pour les entreprises. Les postes de professionnels de la santé, d’informaticiens et d’ingénieurs sont particulièrement difficiles à pourvoir en ce moment. Voilà ce que révèle l’indice de la pénurie de main-d’œuvre du Groupe Adecco Suisse et du Moniteur du marché de l’emploi suisse de l’Université de Zurich.


Pandémie de COVID-19 : un mal pour un bien pour le marché du travail suisse…

Une pénurie de personnel plus marquée parmi les professionnels de la santé
Les professionnels de la santé sont en tête du classement de la pénurie de main-d’œuvre. Cette catégorie professionnelle était déjà en proie à une forte pénurie de main-d’œuvre avant la pandémie. La pénurie n’a fait que s’aggraver par la suite. Corinne Scheiber, directrice d’Adecco Medical, constate : «L’une des raisons de l’aggravation de la pénurie de professionnels de la santé est que la Suisse ne forme pas suffisamment de personnel de santé spécialisé pour répondre à la demande réelle dans ces métiers. Pour combler cette lacune, une part substantielle du personnel de santé est recrutée à l’étranger… »

Viennent ensuite les développeurs et les analystes de logiciels et d’applications informatiques. À l’instar des professionnels de la santé, cette catégorie professionnelle accuse depuis plusieurs années déjà une importante pénurie de main-d’œuvre, qui s’est à nouveau fortement aggravée cette année pour atteindre un niveau record. James Peck, vice-président de LHH Recruitment Solutions Suisse, constate : «Les développeurs de logiciels ayant de l’expérience dans les langages de programmation orientés objet comme Java ou C# et les développeurs de logiciels front-end connaissant les frameworks Angular ou React sont désespérément recherchés en ce moment.»

Outre les conducteurs de travaux, les contremaîtres et les responsables de production, qui occupent le 4e rang, les métiers de l’industrie sont également touchés de plein fouet par la pénurie de main-d’œuvre. Ainsi, les professionnels de l’ingénierie et assimilés occupent la troisième place et les polymécaniciens, mécaniciens de production, mécaniciens de machines et machinistes la cinquième. La pénurie de main-d’œuvre dans ces catégories professionnelles s’est fortement accentuée d’une année sur l’autre…

« Dans les métiers techniques comme ceux de l’horlogerie, nous sommes confrontés à une importante pénurie de main-d’œuvre, qui touche non seulement les personnes hautement qualifiées, mais aussi la main-d’œuvre peu qualifiée. Adecco Suisse a donc créé la Watch Academy à Genève afin d’investir dans de nouveaux talents. La Watch Academy a pour mission de former des personnes douées pour le travail manuel aux métiers de l’horlogerie afin de leur permettre de rejoindre ce secteur unique. »

Source : Communiqué de presse Adecco Group : 28.11.2022

Ce que nous voyons aujourd’hui n’est que la pointe de l’iceberg. Le décalage est beaucoup plus grand que celui qui est visible car les employeurs cessent de mettre sur le marché des offres qui ne trouvent pas ou plus preneur.

Deux problèmes fondamentaux sont à distinguer :

  • le premier est l’attractivité des emplois anciens qui rebutent les futurs employés et
  • le deuxième est le manque de formation adéquate et donc de personnes formées qui peuvent répondre aux nouvelles offres.  

Hier, on avait qu'une partie à satisfaire. Le changement social de cette décennie est que l’employé est devenu partie prenante dans l’acceptation et le refus d’une offre. Les emplois doivent être sexys, les collègues doivent être sympas… et, d’un autre côté, on ne sait plus à quels emplois former les jeunes pour demain. Le monde s’est accéléré. Les interlocuteurs traditionnels et les structures relais d’informations n’arrivent pas à dialoguer avec les nouvelles entreprises.

Que peuvent faire les écoles et les universités pour ces deux problèmes ? Elles ne peuvent que créer elles-mêmes leurs relais et travailler sur les questions fondamentales au lieu d’attendre certains intermédiaires.

Comment s’y prendre ?

Cette fois-ci je ne vais pas vous répondre en tant que rédactrice chez Thot Cursus mais comme responsable des Laboratoires de recherche de Regeneration Matrix Group. Les problèmes complexes sont notre spécialité.

  1. La société change alors mettons-nous dans une posture de changement. Une posture de changement nécessite d’être attentif, en alerte et ouvert à essayer de nouvelles choses.

  2. C’est une mutation de la société. Nous ne sommes pas seuls. Se regrouper avec d'autres personnes qui vivent les mêmes situations. Trouver des alter-egos qui vous comprennent et surtout qui ne se mettent pas en concurrence avec vous et avec qui vous êtes à l’aise.

  3. Faire des tests à petite échelle avec ces autres personnes. Créer une nouvelle formation coûte de l’argent, mais en se regroupant on peut réduire les frais et se soutenir les uns les autres dans ces aventures pédagogiques.

  4. Plus vous testerez et plus vous prendrez d’assurance. Commencer par un petit projet et faites-le grandir si c’est un succès. Si ce n’est pas un succès, gardez-le en mémoire et continuez avec autre chose.

  5. Pour choisir son sujet, il faut d’abord faire un bon diagnostic d’une situation. Il y a des diagnostics simples, des diagnostics compliqués et ceux qui sont complexes souvent car pas transparents ou qui font l’objet de déni de la part des gouvernements ou de la population.

  6. Commencer avec des sujets simples et aller plus tard vers la complexité. Les sujets simples apparaissent dans les journaux : “Il manque tant d’ingénieurs formés en cybersécurité”. Le sujet fait l'objet d’une pénurie. Il est identifié.

  7. Continuer avec des sujets compliqués. Qu’est-ce qu’un sujet compliqué ? Un sujet compliqué est un sujet qui demande l’avis d’experts. Prenons l’exemple du problème climatique et du niveau de la mer qui monte. La mer monte, il y a des zones qui ne seront plus vivables avec les standards actuels. Quelles en seront les conséquences et donc les métiers induits ? Quel sera l’ampleur du problème ? Combien de personnes devons-nous former ?

  8. Quand la maîtrise les sujets compliqués sera acquise, s'essayer aux problèmes complexes. Là, cela va peut-être coincer. Car la complexité va de pair avec l’incertitude. Et, tout le monde n’a pas encore encodé la pédagogie de la complexité. Il faudra peut-être passer par une phase intermédiaire et former des spécialistes de la complexité avant de résoudre des problèmes complexes. Mais, à l’impossible nul n’est tenu. On peut toujours mettre en place les solutions maitrisées. 

Si vous arrivez déjà à jongler avec les points 6 et 7, vous serez des champions face à ceux qui, tétanisés, ne proposent toujours que les sempiternelles même formations à leur étudiants même si celles-ci sont obsolètes.

Pour la mise en place des formations, l’essentiel est de garder cette étincelle de créativité et de motivation à proposer le meilleur pour les étudiants.

Source image : Pixabay : PublicDomainPictures


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