Donner de l’attention ou en recevoir, tout le monde en a besoin. Les enseignants et les élèves en reçoivent et en donnent. Il s’agit d’une démarche vers l’autre, une expression de son affinité, de sa volonté, de son existence. Ainsi, l’attention est aussi définie comme la sollicitude, la gentillesse envers quelqu’un, une marque d’intérêt, d’affection. Donner de l’attention reste une notion assez évanescente.
Alors, concrètement, il peut s’agir de réaliser de petites attentions à l’instar d’offrir un présent, à la simple disponibilité durant les moments critiques ou de joie. Un ensemble de réalités peuvent renvoyer à cette notion. Cette dynamique non seulement resserre les liens sociaux mais aussi nourrit la confiance en soi. Toutefois, en faire trop peut devenir gênant. Et on passe dans ce cas, du titre de personne attentionnée à collante ou envahissante car l’excès d’attention nuit. Trouver le juste milieu n'est pas si difficile ! Ici, l’on vous présente certaines attitudes relevant du savoir-vivre, du savoir être, d’un sens de l’observation aiguisé, à adopter pour éviter d’être taxé de «personne envahissante».
Au bon moment
Généralement, les personnes envahissantes sont inconscientes qu’elles le sont. Leur attention démesurée a pourtant pour but, dans leur sens, de faire plaisir à l’autre. Mais du fait de l’inadéquation de leurs actions avec la circonstance dans laquelle l’autre se trouve, leur geste se voit mal interprété et devient tout d’un coup gênant. Et pourtant, tout part d’une bonne intention.
Dans ce cas, il est primordial de disposer d’un bon timing. Avoir le bon timing, c’est savoir agir au moment propice. Le dire ainsi paraît évident, mais comment savoir que c’est le bon moment ?
Le savoir demande un travail préalable à l’exemple de la connaissance de la personnalité de cette personne ou de son occupation. En plus de cela, il faut observer. En effet, le type de personnalité permet de savoir si, après une rude journée au travail elle est disposée à parler ou pas. S’il est introverti, il serait préférable de lui donner du temps de s’ouvrir afin qu’il vous parle en temps voulu. Ne lui imposer pas votre présence, donnez-lui de l’espace pour qu’il puisse remettre ses idées en place et comme cela éviter d’être un élément gênant. Un élève peut apprendre à choisir le bon moment pour réclamer de l'attention.
Pour ce qui est de l’observation, nous pouvons dire que cela relève des compétences de tout un chacun à interpréter les signes qui l’environnent. Mais encore faudrait-il être attentif pour le savoir. Il est évident que si on prête attention à la gestuelle, l’attitude d’un individu, l’on peut aisément comprendre s’il a besoin d’être seul. Dans ce cas, il faudrait attendre le temps d’accalmie. Le principe est simple : personne ne voudrait réveiller un volcan endormi, sous peine de recevoir des foudres qui, au premier abord ne nous sont pas destinées. Agir au moment propice est une donnée importante à prendre en compte lorsque l’on veut donner de l’attention, qu'il faut accompagner d'un autre aspect qui n’est pas à négliger : la fréquence.
La fréquence
Elle correspond à la régularité avec laquelle les marques d’attention sont faites. Faire des cadeaux, rendre visite, à un ami ou à un membre de la famille, c’est une belle chose qui prouve très souvent l’attention que l’on porte à l’autre. Mais, il faut idéalement que ces marques d’affection ou de participation soient disposées de façon irrégulière dans le temps, de telle sorte qu’elles maintiennent la magie de se retrouver, de partager un moment ensemble, de recevoir un présent ou une remarque.
Les comportements relevant de la routine n’ont rien de magique. Au contraire, cela devient parfois même agaçant et finit par manquer d’authenticité car, c'est cela qui marque la personne ou est apprécié. Le souci ici est de marquer un temps de pause devant créer le manque, le désir d’échanger de nouvelles expériences que l’on a vécues séparément, de recevoir une reconnaissance..
Le respect de l'intimité et des autres
L’un des corolaires de la fréquence est la durée. On a tous connu une personne dans notre entourage qui, à un moment donné de sa vie s’est dit qu’elle allait faire de votre maison sa deuxième demeure ou accapare l'attention au détriment des autres. Ce deuxième aspect loin de faire du bien à votre hôte, le met dans l’embarras et fait de l’initiateur de ce type d'intervention un envahisseur.
En fait, le respect de l’intimité d’autrui est quelque chose de primordial. Et faire irruption dans la vie des personnes sans crier gare, est à la fois gênant et pourrait être marqué du sceau de l’impolitesse. Dans ce cas, la personne qui s’adonne à ce jeu devient étouffante et collante. Car, il est aussi bon des fois de se retrouver tout seul, de converser avec soi, préserver son espace personnel et avoir un jardin secret. ou encore, dans le cas d'une classe, de laisser de la place aux autres. Cela y va d'un certain équilibre émotionnel et même mental.
Donner de l’attention semble plus complexe qu’on ne l’imagine, s’il faut prendre en compte tous les paramètres précités. Mais notre tourment ne s’arrête pas là. Y a-t-il un lieu précis pour donner de l’attention ?
Le lieu
Où donner de l’attention ? Une question assez complexe qui semble nous laisser dans une impasse. On peut dire que le lieu pour donner de l’attention dépend de la circonstance et de l’intention de celui qui est à l’origine de la démarche. Ainsi, dans le cas d’une déclaration d’amour, tout est fonction du goût de tout un chacun. L’on peut opter pour une marque d’affection dans un parc en plein air, afin de profiter de la nature par exemple. Il n’y a pas meilleure mise en scène entre les chants d’oiseaux, l’émerveillement des passants, l’air frais pour marquer le coup.
Dans le cas où il s’agit de remonter le moral ou consoler un ami ou un élève, une préférence est accordée aux lieux clos à l’abri des regards indiscrets pour des raisons d’intimité. Nul n’aimerait éclater en sanglot en public et exposer sa vie devant des inconnus. L’on s’en rend compte, il est important de définir un lieu approprié afin de donner de l’attention, établir une fréquence, et avoir un bon timing.
Dans le cas où ces paramètres ne sont pas respectés, l’on risquerait d’être taxé de personne envahissante, collante. Ce type de personne très souvent est à la recherche d’attention, mais elles s’y prennent mal. En plus de cela, elles souffrent souvent d’un manque d’estime d'elles-mêmes. Dans cette perspective, ces personnes gagnent à travailler leur confiance en elles-mêmes afin d’éviter de développer une dépendance affective et au final être de trop. Dans une autre mesure, les personnes sujets de relations envahissantes, souvent les enseignants avec certains de leurs élèves ou de leurs parents, développent des stratégies afin de poser des limites dans l'optique de préserver leur intimité et leur disponibilité sans toutefois blesser l'autre.
Références
Lisa Shield, Peggy Rios, « Comment être moins collant », en ligne https://fr.wikihow.com/%C3%AAtre-moins-collant
Office québécois de la langue française, « L’emprunt déconseillé timing », https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/index.php?id=23561#:~:text=L'un%20des%20sens%20les,choisit%20le%20bon%20moment%2C%20etc.
Larousse, « attention » en ligne https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/attention/6247#:~:text=Sollicitude%2C%20gentillesse%20envers%20quelqu'un,qu'il%20a%20pour%20moi.
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