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Publié le 25 octobre 2023 Mis à jour le 25 octobre 2023
Selon le récit biblique, dans les premiers temps, les humains parlaient tous le même langage : la langue adamique, c'est-à-dire celle d'Adam et Ève. Or, ils ont voulu construire une tour atteignant pratiquement le ciel, insultant Dieu qui punira l'humanité en créant les différents langages. Néanmoins, cette "malédiction divine" trouve une solution dans le rôle de traducteur. Il arrive, comme l'explique le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne, à faire le pont entre deux dialectes virtuellement par une interprétation "adamique".
Traduire n'a rien de neutre. D'ailleurs, les Italiens disent que la traduction se rapproche de la trahison. En effet, dans le passage d'une langue à l'autre, des éléments et concepts très locaux ou nationaux se perdent forcément. D'autant plus que le rapport de pouvoir des langues est toujours présent. De nos jours, l'anglais est la langue d'influence. Un auteur francophone sera bien plus auréolé de succès si son ouvrage est traduit en anglais qu'en polonais. À une époque, le français était le langage vénéré tout comme l'a été le latin il y a fort longtemps.
Comme le souligne monsieur Bachir Diagne, même si un sens se perd, la traduction ancre une partie de la culture autre dans une nation. L'adaptation française de contes et pensées africaines a permis de les décloisonner et de les partager. Au point où certains diront même que le "français est une langue africaine". Tout peut se traduire. Les traducteurs sont en général outillés pour y arriver.
Durée : 21min45
Image : Tessa Kavanagh / Pixabay
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