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Concevoir et réaliser ses propres modèles de jeux Légo : du virtuel au réel
Publié le 22 janvier 2025 Mis à jour le 22 janvier 2025
L’Afrique connaît un manque d’ingénieurs, telle est la quintessence d’un article publié en mars 2021 sur le site du journal Eco Fin. Le même constat avait déjà été établi par l’Unesco en 2008. L’article revient notamment sur l’inadéquation entre la formation et les compétences.
Paradoxalement, parallèlement à ce constat on remarque une multitude de créations, parfois faites par des personnes n’ayant pas un cursus académique très poussé. C’est cette catégorie qui nous intéresse dans le cadre de cet article.
En Afrique, il est commun de rencontrer des personnes, scolarisées et non scolarisées, qui réalisent des prototypes d’appareil (avion, groupe électrogène à eau, voiture de course, tapis de sports, etc.) ou des inventions à partir de rien, avec des moyens dérisoires.
Certaines de ces inventions ne sont que des reproductions des appareils déjà existants mais qui sont fabriqués par des personnes n’ayant jamais été dans les écoles d'ingénieurs ou même utilisé les objets qu’ils confectionnent avec du matériel local. Que ce soit des inventions originales ou celles déjà existantes, ces jeunes ingénieurs, prêts à transformer le monde, n’ont très souvent aucun accompagnement, par manque d’incubateurs ou de volonté politique ou économique. Cependant, il reste que ce sont des personnes intelligentes, voir de génies. Comment capitaliser ces créations ? Comment orienter ces ingénieurs inconnus et solitaires afin qu’il puisse développer leurs talents ? Comment peuvent-ils s’adapter à la vitesse de créativité occidentale ?
Le 4 octobre 2024, sur la page d’un influenceur camerounais très suivi sur Facebook, Stev Fah, était présentée une invention d’un ingénieur camerounais, Mba Hamadou. Ce dernier a mis sur pied un groupe électrogène avec comme source d’énergie, l’eau. Une invention qui pourrait révolutionner le secteur de l’énergie au Cameroun. Il faut le rappeler, le Cameroun est l’un des bassins hydroélectriques les plus importants en Afrique. Donc, inventer une source d’énergie qui fonctionne à base de l’eau pourrait être accessible par plusieurs camerounais qui vivent le martyr des coupures intempestives d’électricité. Comme on peut le remarquer sur la page de l’influenceur, plusieurs commentaires félicitent ce dernier pour la prouesse et d’autres attirent l’attention en demandant à l’ingénieur de breveter son invention et surtout de faire attention car son invention et lui pourraient subir la concurrence des mastodontes, comme l'industrie du pétrole, qui ne sont pas prêts à perdre leurs acquis.
Si cette invention à l’air originale, il en existe d’autres qui sont en fait des copies et exposent uniquement le génie des fabricants. C’est le cas de l’imprimante 3D.
Arol n’a que 15 ans, sans une formation d’ingénieur, ce jeune a mis sur pied une imprimante faite à base de matériel recyclé. Il n’est donc pas l’inventeur des imprimantes 3D mais il a pu s’autoformer pour pouvoir en faire une copie. Il explique avec brio son œuvre dans le cadre d’un entretien disponible sur la page YouTube de Initiative Africa. Cette réalisation est similaire à celles de Flanan Soro en Côte d’ivoire.
M. Soro est un mécanicien septuagénaire. Dans son garage, on découvre plusieurs objets montés par lui et son équipe : une pompe à eau, une voiture et un hélicoptère. L’hélicoptère ne vole pas encore comparativement à la voiture qui est déjà fonctionnelle. Il n’est pas jeune mais comme la plupart des génies africains, il est le produit de l’autoformation.
En 2015, Vidiol Tsagué alors élève au secondaire fabriquait un prototype d’avion qui décollait grâce à une batterie et une télécommande. En fait, il n’y a pas d’originalité dans cette fabrication, toutefois, compte tenu du contexte, ce jeune fascine par son invention. C’est la même situation que traversent les inventeurs et les ingénieurs africains. Comment capitaliser sur ces génies qui seraient nés au "mauvais endroit"?
Lorsque nous parlons de mauvais endroit, on se réfère aux contextes où il n’ y a presque pas d’incubateurs sérieux pouvant susciter des vocations dans l’ingénierie et ou le politique n’accorde pas une grande importance à ces initiatives. Dans toutes les inventions mentionnées, une difficulté commune se démarque : le manque d’accompagnement. Cette accompagnement peut se faire de plusieurs manières.
En sommes, dans un monde ou l’exode des cerveaux est compréhensible dans la mesure où les êtres cherchent tous le bien-être et sont prêts à s’installer dans les endroits où ils peuvent s’épanouir professionnellement, il est absurde de vouloir retenir des personnes sur place.
Toutefois, pour le pays qui souhaite se développer, il est fondamental de lutter contre la fuite de cerveaux, différente de l’exode de cerveaux, la première étant une soustraction discrète des intelligences par les autres pays et la deuxième un déplacement vital pour des raisons de garantie professionnelle. Cette lutte passe par l'encadrement des ingénieurs ou de génies afin qu'il aient des motivations pour s'épanouir sur place.
Image, Copilote, "Peux-tu créer une image d'ingénieurs africains?"
Bibliographie
Maingari, Daouda, (2011), « Exode des cerveaux en Afrique : réalités et déconstruction du discours sur un phénomène social », https://shs.cairn.info/revue-education-et-societes-2011-2-page-131, Pages 131 à 147
Imprimante 3D à partir de matériel recyclé : l’ingéniosité d’un jeune Camerounais inspire l’Afrique : Camerounweb, 2024, « Cameroun : il invente un générateur électrique à eau », https://www.camerounweb.com/CameroonHomePage/business/Cameroun-il-invente-un-g-n-rateur-lectrique-eau-771834
Mbengue « Flanan Soro, un inventeur de génie », 2024, https://www.youtube.com/watch?v=zD0XdTAKBXY
Ngono Atangana, Vanessa, 2011, « L’Afrique connait un manque d’ingénieurs en qualité et en quantité (UNESCO)» - https://www.agenceecofin.com/formation/2603-86571-l-afrique-connait-un-manque-d-ingenieurs-en-qualite-et-en-quantite-unesco