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Publié le 21 janvier 2026 Mis à jour le 21 janvier 2026

Quelle liberté nous laisse-l'excitation ?

Se faire emporter où s'y laisser aller...

Excitation !

Excitante excitation


L'excitation fait beaucoup parler d’elle. De nombreux domaines de la connaissance humaine sont concernés et, dès lors, de nombreux scientifiques, des science dures comme des sciences humaines, s’y intéressent.

L'excitation regroupe 3 principales définitions :

  • l’excitation en tant qu’action sur autrui (stimuler l’activité, les sentiments, pousser à agir),
  • un état d’agitation, d’énervement, d’enthousiasme, d’irritation ou d’exaltation,
  • le fait d’être excité, physiquement ou sexuellement.

On n’évoque donc ici que les aspects humains de l’excitation.

Jusqu’au 19e siècle, la notion d’excitation relevait pourtant strictement du domaine de la physique et n’était jamais évoquée au sujet de l’être humain.

« En physique, on appelle excitation tout phénomène qui sort un système de son état de repos pour l'amener à un état d'énergie supérieure. Le système est alors dans un état excité ». (Wikipédia).

C’est seulement à la fin du 19e siècle que le philosophe et psychologue allemand Gustav Fechner, connu pour être un des fondateurs de la psychologie expérimentale, introduit une méthode scientifique visant à établir des relations quantitatives entre l’esprit et le monde physique.

La Loi de Fechner décrit ainsi le lien direct entre l’intensité d’un stimulus physique et la perception sensorielle qu’il génère. À sa suite, le neurologue et psychanalyste Freud reprend la notion pour envisager les effets somatiques et psychiques des stimuli extérieurs. Il y ajoute alors le concept de « pulsion », cette dernière étant une étape plus élaborée et moins immédiate du fonctionnement humain que la simple excitation. Les travaux de Freud ont beaucoup fait pour que la notion d’excitation soit très souvent aujourd’hui associée à la sexualité.

Au 20e siècle, l’étude plus approfondie du cerveau et des systèmes de régulation intrinsèques du corps amène notamment la notion d’hyperexcitabilité neuro-musculaire.

Dans les années quatre-vingt, c’est ainsi la mise en avant d’une pathologie appelée « spasmophilie », due à un définit important de magnésium dans le corps qui provoque cette hyperexcitabilité, avec des effets purement physiologiques mais aussi des manifestations émotionnelles parfois intenses.

Au 21e siècle enfin, on en arrive au TDAH (trouble du déficit de l’attention/hyperactivité) qui semble de plus en plus répandu chez les enfants mais se manifeste aussi chez 2 à 3% des adultes diagnostiqués. Le diagnostic de TDAH entraine la prise de neuroleptiques destinés à réguler la surexcitation.

En psychiatrie, l’excitation est aujourd’hui définie comme un “état transitoire ou prolongé de suractivité psychique, qui associe notamment exaltation, hyperexpressivité émotionnelle, incontinence verbale et agitation motrice” Psychologies.com, janvier 2013. Elle est donc plutôt considérée comme pathologique en tant que telle.

Pour le neurobiologiste Jean-Pol Tassin, « ce qu’on entend généralement par excitation est une sortie comportementale qui n’est pas structurée. Pour nous (i.e. les neuroscientifiques), l’excitation est un processus physiologique normal qui, en principe, est contrôlé par un système inhibiteur ».

Pour le commun des mortels, les non spécialistes, lorsqu’une personne est excitée, elle peut ressentir une montée d’énergie qui affecte sa posture, son comportement, et parfois même ses fonctions corporelles telles que la fréquence cardiaque et la respiration.

« L’excitation peut se manifester de différentes manières : une réaction à un événement agréable comme un concert ou une rencontre inattendue, une réponse à des stimuli de compétition, ou encore une réaction à des situations qui sont perçues comme risquées ou incertaines. Par ailleurs, l’excitation peut être de courte durée (comme celle d’un enfant qui reçoit un cadeau surprise) ou prolongée, lorsqu’elle est alimentée par un intérêt passionné ou une anticipation de quelque chose de significatif ». La Sujets, 2025.

On peut donc globalement observer que la notion d’excitation et corrélée à la notion de perte de contrôle et c’est probablement ce qui, dans notre société adepte des comportements consensuels régulés, amène cette vision souvent négative de l’excitation.

La question du stimulus

Qu’est-ce qui déclenche l’excitation ? Dans les différentes définitions reprises ci-dessus, on constate que, dans tous les cas ou presque (l’hyperexcitabilité neuro-musculaire semble plutôt le fait d’un manque), on évoque l’idée d’un stimulus à la source de la réaction.

En latin, « stimulus » veut dire « aiguillon ». Un stimulus provoque une excitation qui engendre une réaction, elle-même entrainant des modifications dans le corps humain. Les stimulus sont potentiellement de tous ordres, physiques comme biologiques ou chimiques, et peuvent relever de l’émotionnel, du cognitif, du sensoriel, du relationnel. Il peut autrement dit s’agir d’une manifestation dans le corps, d’un évènement extérieur, d’une sensation perçue, d’une information reçue, d’une interaction avec un autre être vivant, en particulier dans le cadre des relations humaines.

Le stimulus est en principe subi (reçu sans l’avoir sollicité), c’est ce qui peut générer un sentiment d’impuissance et une perte de contrôle.

Excitation ou agitation ?

Le neurobiologiste Jean-Pol Tassin rappelle que l’être humain doit être en permanence excité, sous peine de mourir. Dans le corps, l’excitation est le propre du mécanisme de la transmission cellulaire. Par exemple, « sur un plan électrique, il y a une différence de potentiel entre l’intérieur et l’extérieur de la membrane neuronale et, si cette différence de potentiel s’annule, le neurone est mort (…) Donc l’excitation est incessante. Le problème est de contrôler, il faut lui donner une forme cohérente ». Le corps est organisé pour mettre en œuvre ce contrôle et, en quelque sorte, donner du sens à l’excitation.

« Contrôler son corps, c’est contrôler ses idées  (…) L’expression de l’absence de traitement cognitif, c’est l’agitation motrice », Jean-Pol Tassin.

Ainsi est de nos jours qualifiée d’excitation, notamment chez l’enfant, une manifestation d’agitation incontrôlée. Le corps exprime de façon erratique cette absence de contrôle qui vient d’une absence d’intervention mentale sur l’excitation générée par le stimulus.

Pour l’environnement et l’entourage, cette agitation peut susciter de l’anxiété et un désir de régulation rapide car la dimension d’incontrôle fait anticiper des risques potentiels (violence, casse, perturbations diverses, réactions négatives d’autrui…). Le réflexe sera donc souvent d’essayer avant tout de calmer le jeu, sans chercher à comprendre l’origine du phénomène.

Excitation et stress

« Le stress peut être défini comme une réaction de l’organisme face à toute demande de changement ou d’adaptation. C’est une réponse naturelle, instinctive, qui a pour but initial de nous aider à réagir face à des situations potentiellement dangereuses ou difficiles. Il s’agit d’un phénomène complexe impliquant à la fois notre corps et notre esprit.
En réalité, le stress n’est ni bon ni mauvais en soi. C’est notre interprétation des situations stressantes et notre capacité à y faire face qui déterminent si le stress sera bénéfique ou néfaste pour nous ».       Stress.eu.com

Si on se réfère à la définition de l’excitation, qui part d’un stimulus donc, on voit que le stress peut tout à fait être considéré comme une variante de l’excitation, et garder à l’esprit que le stress, tout comme l’excitation, est essentiel à la vie.

Le stress devient délétère quand il est permanent (chronique) et qu’on ne trouve pas de moyen de le réguler. Les spécialistes, psychothérapeutes notamment, indiquent que le stress, tout comme l’excitation, ne peut se gérer que via une prise de conscience (une mentalisation) car « pour pouvoir accéder à un état, il faut pouvoir le nommer, en avoir une représentation mentale ». Nathalie Rapoport-Hubschman, directrice de l’Institut Corps-esprit.

Le stress est déclenché par ce qu’on appelle, de façon générique et floue, des « stresseurs » de tous ordres, qui agiront ou non de façon désagréable sur une personne en fonction de la manière qu’aura celle-ci de les ressentir et de les interpréter. Le stress entraine dans un premier temps une saine réaction de défense mais, s’il s’installe, c’est le résultat d’un déséquilibre du système nerveux.

Certaines personnes n’arrivent tout simplement pas à trouver les ressources pour y faire face. D’autres ont un tempérament dit « nerveux » et ne savent tout simplement pas se détendre, comme certains chanteurs qui ne relâchent jamais leurs muscles respiratoires pendant toute la durée de la mélodie qu’ils performent, sans se rendre compte qu’ils s’essoufflent et se fatiguent ainsi sans nécessité.

Comme on le verra plus loin, la régulation du stress passe en fait par la même démarche que la régulation de l’excitation quand elle conduit à des comportements inadaptés. L’état de détente se travaille avec l’aide du corps et de la conscience  :

« Pour revenir au calme, mental et corporel, le système parasympathique (I.e. qui gère les états de détente) a donc besoin qu’on lui procure des signaux explicites de sécurité – une respiration lente, un contact bienveillant, un environnement apaisant ». N. Rapoport-Hubschman.

Excitation et désir

Dans le domaine de la sexualité, il y a souvent confusion entre les notions d’excitation et de désir, au point qu’on emploie fréquemment un mot pour l’autre, notamment dans le cadre des grands débats liés aux mouvements #MeToo et Not All Men.

Dans ce domaine, l’excitation est une réaction observable du corps, automatique et physiologique, en réponse à un stimulus sexuel réel ou imaginé. Le désir, quant à lui, est un état mental et émotionnel, qui exprime l’envie d’engager une activité pour satisfaire un plaisir anticipé (Floravi, 2025). En principe les deux sont associés mais il arrive que cela ne soit pas le cas.

On voit ici, selon les définitions données, que ces notions peuvent tout à fait s’extrapoler à d’autres domaines que le sexe. L’excitation, comme le désir, peuvent se manifester, avec les mêmes effets sur le corps et le mental, dans d’autres cadres, comme tout ce qui relève de la passion (artistique ou professionnelle par exemple) ou toute activité suscitant un fort enthousiasme.

Excitation et stimulation intellectuelle et créative. Excitation et exaltation.

Une autre façon d’aborder l’excitation est de considérer les effets positifs qu’elle peut aussi avoir sur la joie de vivre et l’implication en générale. On aborde alors la notion d’exaltation, forme exacerbée de l’excitation sur le plan émotionnel.

« (L’exaltation) peut être définie comme une forme d’excitation extrême qui engendre un état émotionnel transcendant. L’exaltation se caractérise par une élévation des émotions, une sensation de transcendance ou d’extase, qui peut être associée à des moments de plaisir extrême ou de contemplation spirituelle ». La Sujets, 2025.

On trouvera cette forme d’excitation dans les domaines artistiques, sportifs et spirituels, en particulier. Elle n’est dans ce cas pas vécue comme un phénomène négatif, bien au contraire. Dans ces différents domaines, le lâcher prise qui amène une perte de contrôle est au contraire considéré comme un moyen d’accès à d’autres ressources, notamment issues du subconscient, qui permettent de se dépasser et d’obtenir des résultats insoupçonnés. Autrement dit, on laisse le corps dépasser la pensée.

L’exaltation que ce lâcher prise entraine donne un sentiment d’accomplissement, personnel ou collectif, et éveille une sensation de dépassement de soi, souvent amplifié par un sens aigu du présent (La Sujets, 2025). Certains parleraient de vibration intérieure, autrement dit de contact avec le vivant en soi.

Excitation individuelle ou collective : ce qui excite les foules.

La psychologie sociale nous a fait progressivement admettre que les individus se comportent différemment quand ils font partie d’un groupe. Le groupe a sa dynamique propre. La foule, en tant que groupe bien plus important, est encore une autre dimension du comportement humain.

Dans une foule, les individus perdent souvent leur sens critique et leur identité personnelle, leurs repères changent, ce qui peut les amener à des comportements imprévisibles et parfois dangereux. La foule peut amplifier l’enthousiasme, renforcer la solidarité mais aussi intensifier la peur. Il est vrai que le mot « foule » vient du latin « fullare » qui veut dire presser, fouler ou écraser.

On peut imaginer dès lors l’anxiété que peut amener l’idée d’une foule « excitée » et donc à priori incontrôlable. Même si, récemment, des psychosociologues comme de simples observateurs ont pu mettre en lumière les comportements altruistes et solidaires constatés lors de rassemblements humains dans des contextes de catastrophes naturelles ou d’évènements très violents (ex. comportements observés lors des attentats de 2015 à Paris ou lors de tremblements de terre en Asie), la foule est généralement considérée comme une entité décérébrée, potentiellement dangereuse. Les dernières manifestations de protestation sociale ou écologique de ces dernières années ont subi les conséquences de cette façon de voir les choses.

On trouve sur internet de nombreux articles ayant pour intitulé « exciter les foules », avec des significations qui peuvent varier, certains voulant dire par là susciter la colère, d’autre faire du buzz, d’autre encore encourager un mouvement réactionnel de masse. On est bien dans le stimulus cherchant à provoquer une réaction.

De fait, ce qui va ou non « exciter les foules » et susciter, donc, un mouvement réactionnel, semble souvent imprévisible. La réaction l’est souvent, en tous cas. La chaine You Tube Fouloscopie, créée par un chercheur en science cognitive de l’Institut Max Planck à Berlin, étudie les phénomènes de foule et ce qui les met en mouvement (le stimulus et la réaction), sous des angles divers.

L’excitation est-elle au final fondamentalement positive ou négative ?

On l’aura compris, il ne peut y avoir de réponse tranchée à cette question car, comme le soulignent les neurosciences, l’excitation c’est la vie. Toute la question tourne en fait autour du contexte et du type de réaction, ainsi que de la possibilité d’encadrer et de réguler ou non. Par conséquent, il est indispensable quand on emploie ce terme de le situer et même de le définir, afin d’éviter les a priori et les biais de jugement.

Tout jugement émis par un être humain est potentiellement subjectif, et donc relatif. Le jugement sur la positivité ou la négativité d’un comportement d’excitation va beaucoup dépendre des effets que ce comportement a sur l’individu qui juge, autrement dit si cette excitation est dérangeante et anxiogène ou non pour lui.

Réguler l’excitation

La notion de pare-excitation

« Pour l’organisme vivant, parer aux stimuli est une tâche presque plus importante que celle de recevoir des stimuli » Sigmund Freud – Au-delà du principe de plaisir

« Si l’actualité attire notre attention sur le pare-excitation, c’est parce qu’elle nous interroge sur cette absence flagrante de fonction pare-excitante de la part des responsables politiques. Sans parler de la plupart des médias qui sont à l’opposé d’une fonction contenante et protectrice qui aiderait à métaboliser des événements qui, par essence, sont traumatiques ». Jean-Philippe Guégen.

Les psychanalystes considèrent leur cabinet comme le lieu de traitement de l’excitation, en tant qu’espace contenant, protecteur, qui garantit une forme de continuité et d’inamovibilité. (Guégen). Le psychanalyste est ainsi à contre-courant de l’excitation permanente de la société, en proposant une mise à distance et un arrêt sur image qui interrompt transitoirement l’agitation.

La pare-excitation (terme créé par Freud en 1920) est ainsi définie comme une « structure psychique qui agit comme un bouclier contre les excitations excessives, préservant ainsi l’équilibre mental ». Dictionnaire de la langue française.

Excitation et conscience de soi

Du grec "soma" qui signifie "corps", l'éducation somatique regroupe un ensemble d'approches qui visent à se réapproprier son corps en mouvement et à développer sa conscience. Cette prise de conscience permet à la personne de mieux comprendre son mode de fonctionnement et de créer de nouvelles possibilités d’expression. (Passeport santé).

Il existe une diversité de méthodes qui relève de cette définition (Feldenkrais, Alexander, Libération des cuirasses, gymnastique holistique, somato-psycho-pédagogie etc.). Comme on l'aura compris, l’heure est à la réconciliation du corps et de l’esprit, au développement de la conscience corporelle et à l’écoute des besoins et des émotions, les siens comme celles des autres.

Certaines méthodes, comme la Communication non-violente, proposent tout un processus de régulation, qui va de l’identification des besoins et des émotions, via la conscience du corps, à l’action. Il s’agit toujours et d’abord de ralentir et d’écouter (de s’écouter). C’est aussi ce que propose la Mindfulness initiée par Jon Kabat-Zinn. Le fonctionnement de notre cerveau nécessite en effet ce ralentissement de l’action pour accéder à la conscience des ressentis et des pensées et à un choix raisonné d’action.

La conscience de soi est donc la voie royale de régulation d’une excitation incontrôlée et délétère. Comme on l’a vu aussi dans le cas d’une démarche artistique, la conscience de soi peut aussi accompagner et observer les effets de l’excitation, sans chercher à la calmer, dans un but créatif.

Maitriser l’excitation : entre excitation, stimulus et réaction : quel libre-arbitre ?

Le quotidien de nos vies  submergées d’injonctions et d’informations nous conduit presqu’inéluctablement à des comportements de survie basés sur le pilotage automatique. Nous réagissons par réflexe, sans souvent nous interroger sur la pertinence de nos réponses aux différents stimuli dont nous sommes en permanence bombardés. Les automatismes ont leur intérêt mais la maitrise de sa propre vie nécessite pour chacun de s’interroger sur la liberté de ses choix.

Comme le dit cette citation souvent reprise du neurobiologiste et psychiatre Viktor Frankl :

«Entre le stimulus et la réponse il y a un espace. Dans cet espace est notre pouvoir de choisir notre réponse. Dans notre réponse résident notre croissance et notre liberté ».

Autrement dit, la réaction immédiate, sans prise de conscience, est un automatisme, qui est en fait issu de nos programmations (sociales, éducatives, professionnelles…) et de nos peurs. Le cerveau nous fait d’abord et très vite réagir à ce qui apparait comme un danger, réel ou supposé (bien des «dangers» qui nous angoissent n’ont en fait pas de réalité concrète).

Pour retrouver de la liberté – du libre-arbitre – il faut donc se donner le temps d’envisager les divers choix possibles. Cela se fait en plusieurs étapes, qu’on peut notamment retrouver dans l’approche de la CNV (Communication Non-Violente):

  1. Ralentir, se poser, ne serait-ce que quelques secondes, en utilisant sa respiration,

  2. Observer la situation (le stimulus) de façon factuelle, en laissant dans un premier temps de côté les ressentis et les émotions qu’elle génère

  3. Identifier le premier réflexe de réaction, qui vient généralement de nos automatismes de défense, et le retenir dans un premier temps,

  4. Observer avec recul (avec l’aide d’un tiers si la situation est trop perturbante), les émotions et les ressentis corporels qui se manifestent au contact de cette situation (ce stimulus),

  5. Identifier ce qui est important pour soi dans cette situation (besoins, valeurs : garder le lien, se positionner, se mettre en sécurité, obtenir un résultat pour avancer…),

  6. Identifier les différents choix possibles qui permettent de respecter à la fois ses valeurs et ses besoins, tout en maintenant son équilibre intérieur,

  7. Choisir un geste (acte, décision).

Bien sûr, cela peut apparaître comme un processus long et laborieux dans « le feu de l’action ». C’est pourquoi il y a lieu de s’entrainer, parfois pendant des années, pour que le ralentissement devienne réflexe, que l’interrogation sur ses choix devienne incontournable, du moins dans toutes les situations à enjeux importants, que la conscience de soi, en somme, remplace les automatismes de défense.

Il y faut beaucoup de patience et de pratique. Il faut aussi résister à la pression de l’action au quotidien, se donner des temps de silence, de calme et d’écoute de soi, prendre aussi soin de son corps en écoutant ses besoins, ne pas perdre non plus le lien avec les autres et les soutenir pour être soutenu en échange en cas de besoin.

Découvrir qu’il existe tout un espace de liberté entre le stimulus et l’action peut être exaltant car c’est prendre conscience que nous possédons tous en nous une puissance et une volonté que nous pouvons mobiliser pour ne pas nous contenter de subir les évènements de nos vies. Nous ne pouvons souvent pas changer ces évènements mais nous pouvons changer notre manière d’y réagir.

Illustration : Gordon Johnson de Pixabay

Références

Alvau, Zoé d’. La psychologie des foules : pourquoi nous agissons différemment en groupe. Sur lps-aix.com, février 2025. https://lps-aix.com/la-psychologie-des-foules-pourquoi-nous-agissons-differemment-en-groupe/

Bourahla-Farine, Agnès. Stimulus : quel rôle . quels types ?.  Sur Passeport-santé, 2024. https://www.passeportsante.net/fr/parties-corps/Fiche.aspx?doc=stimulus-role-types

Chneiweiss, Hervé. Brève esquisse neurophysiologique de l’excitation : des neurones, de astrocytes et des images.  Sur Cain-info, 2005. https://shs.cairn.info/revue-francaise-de-psychanalyse-2005-1-page-21?lang=fr

Désir et excitation sexuelles, connaissez-vous la différence ? Sur Floravi. Com : https://www.floravi.com/blogs/news/desir-et-excitation-sexuelle-connaissez-vous-la-difference

Excitation / sous la dir. d’Isabelle Martin-Kamieniak et Félcie Nayrou. Presses universitaires de France, 2020. https://shs.cairn.info/excitation--9782130823902-page-31?lang=fr

L’excitation et l’exaltation. Sur La Sujets, 2025. https://lasujets.com/lexcitation-et-lexaltation/
Ferry Wilczek, Antoine. La liberté se situe entre le stimulus et la réponse : comment retrouver votre pouvoir de choix.  https://antoinefw.fr/liberte-entre-stimulus-et-reponse/

Guégen, Jean-Philippe. Pare-Excitation. Sur : Sprf-asso.fr : https://sprf.asso.fr/sprfwp/2024/07/18/pare-excitation/

La liberté est-elle illusoire ou réelle ? Sur Éducation de classe, décembre 2024. https://educationdeclasse.com/francais/la-liberte-humaine-est-elle-illusoire-ou-reelle/

Mariot, Nicolas. Les formes élémentaires de l'effervescence collective, ou l'état d'esprit prêté aux foules. Sur Cairn.Info, 2001. https://shs.cairn.info/revue-francaise-de-science-politique-2001-5-page-707?lang=fr#s1n2

Moussaid, Mehdi. Mouvement de foule : comment se propage la panique ?. Sur Fouloscopie, 2020 (You Tube). https://www.youtube.com/@Fouloscopie/videos

La psychophysique de Fechner : une révolution dans la mesure des sensations. Sur Afpro.eu, février 2025. https://afpro.eu/news/la-psychophysique-de-fechner-une-revolution-dans-la-mesure-des-sensations/

Rapoport-Hubschman, Nathalie. Stress chronique, les réflexes qui sauvent. In : Cerveau & Psycho, janvier 2026.

Tassin, Jean-Pol. Les sources biologiques de l’excitation. Sur Cairn.Info, 2001. https://shs.cairn.info/revue-enfances-et-psy-2001-2-page-15?lang=fr


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