Dossiers de la semaine

Finir sa démarche

Bien des expériences inachevées jonchent notre passé. Qui n’en a pas ?  En éducation, c'est ce que l'on a pas compris, pas conclu, pas complété et abandonné là, inerte. Pourtant, le désir de reprendre son étude, sa quête, son parcours et d’en arriver à une conclusion satisfaisante demeure toujours vivant quelque part. La seule façon d'en venir à bout est de lever les obstacles et d’obtenir les conditions pour l'achever.  Se contenter d’une raison qui explique tout mais ne résout rien n’apporte aucun réconfort. «Je ne suis pas fait pour ça» n'est pas une conclusion satisfaisante.

Le succès peut être obtenu de différentes manières, dans un domaine apparenté ou dans un autre contexte, mais d’atteindre son objectif est le socle sur lequel se construit son estime personnelle et sa confiance. S'il y avait une flamme au début, c'est elle qui doit tout consumer.

On ne parle pas ici de ce qui nous a été imposé et qui ne nous intéressait pas. On assume sans regret d’en être sorti. Le seul regret est habituellement d'avoir cédé à la contrainte et d’avoir perdu son temps; c'est l’abandon de sa responsabilité qui ajoute le poids. Si la contrainte a été trop forte, elle s’est transformée en révolte et ressentiment. Pour plusieurs décrocheurs, l’idée de s’y soumettre à nouveau parait impensable…, pour eux, la seule voie acceptable est de repartir sur de nouvelles bases, où la contrainte est absente mais qui n’exclut pas pour autant l’effort et l’autodiscipline.

Le processus de mener une recherche à son terme peut-être assez exigeant : on commence par faire le tour du jardin et parfois le jardin ressemble à une plaine qui disparaît au delà de l’horizon. Le chercheur doit vraiment y croire et s’organiser pour ne pas se décourager. De l’inventaire de ce qui aura été trouvé, des pistes apparaissent. Sont-elles originales, pertinentes, valables ? Il faut y répondre, faire des expérimentations, aller d'échec en interrogation et persévérer. Puis supporter la critique, améliorer, recommencer, jusqu'à parvenir à un résultat acceptable. Abandonner à n'importe quelle étape sans conclure laisse un goût amer et une insatisfaction qui se revivra à chaque contexte équivalent.

Aller au bout de sa démarche parait essentiel et, souvent, cela passe par la reconnaissance de ses erreurs; de là on aura une chance d’y arriver. Les erreurs font partie du processus d’apprentissage et de découverte; les stigmatiser où les nier ne fait que compliquer la situation.

S’assurer que chaque étudiant et chaque chercheur aille au bout de sa démarche parait légitime. La question se simplifie encore si on s’attarde au mot «sa». Il est question de la personne; on gagne à l’écouter et à l’accompagner.

Denys Lamontagne - [email protected]

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