Dossiers de la semaine

Recrutement

Depuis plusieurs années, dans la plupart des domaines d’activité, la travail se complexifie, les exigences augmentent et, de plus, tout doit continuer de fonctionner mais avec moins de personnes pour s'en occuper. Le phénomène se manifeste aussi en éducation !  

Pour compenser plusieurs stratégies sont envisagées; parmi elles, l’immigration est souvent avancée mais se bute rapidement à la capacité d’intégration du milieu d'accueil. Ensuite, la hausse de la productivité est proposée mais celle-ci ne se décrète pas, elle se développe graduellement et nécessite des investissements appréciables autant dans la recherche que dans les équipements et la formation, sans compter les coûts énergétiques impliqués. Remplacer un humain consomme autour de 10 fois plus d’énergie. De plus, à partir d’un certain seuil d’investissements, les risques deviennent si importants qu’ils deviennent le facteur limitatif principal. On n’investira pas dans les domaines qui prendront trop de temps à développer dans un contexte en transformation rapide.

Enfin, en pénurie de main-d’oeuvre, les secteurs les plus rentables cannibalisent les autres de leurs meilleurs éléments en offrant de meilleures conditions et provoquent une surenchère qui laisse les domaines moins concurrentiels exsangues.

Pour diverses raisons, l’éducation fait partie de ce qui ne répond pas rapidement à la pression concurrentielle. Elle n’offre pas souvent de meilleurs salaires ni de conditions de pratique améliorées, elle n’attire pas à la carrière par un prestige reconnu, elle est soumise à toutes les pressions sans pouvoir vraiment en tirer avantage. Autrement dit, il ne lui reste que faire mieux avec moins.

Comment recruter les bonnes personnes en éducation, les garder motivées, impliquées ? Comment améliorer les conditions de travail tout en étant moins nombreux pour enseigner ? Comment mieux enseigner pour répondre aux besoins réels de nos sociétés?

La solution évidente n’est pas trouvée et elle viendra de chaque milieu. Ce qui est évident est que l’on ne fera plus l'école de la même façon, que les technologies seront mises à contribution, que les responsabilités seront partagées avec les étudiants, les parents, les employeurs et enfin que l’on n’enseignera plus les mêmes choses.

La mentalité compétitive que le système éducatif a transmis depuis plus d’un siècle fait graduellement place à une plus large conception de la survie collective et de la vie en général. Sur ce dernier point, l’école si emploie déjà et c’est très bien. La solution vers l’équilibre est largement de ce coté et sans doute aussi la fierté de faire partie de la solution.

Ce n’est pas que la richesse qui détermine la satisfaction; la culture et la confiance en ses compétences sont aussi des éléments essentiels, des éléments qui se développement par l’éducation. Dans cette optique, je dirai sans gêne «Je suis enseignant».

Denys Lamontagne - [email protected]

Illustration : DepositPhotos photography33

Éléments du dossier

Recevez nos nouvelles par courriel

Chaque jour, restez informé sur l’apprentissage numérique sous toutes ses formes. Des idées et des ressources intéressantes. Profitez-en, c’est gratuit !