Il semble que nous soyons tous doués pour s’auto-convaincre de la justesse de nos impressions. Même si la plupart du temps elles sont bonnes, il arrive que nos sens soient défaillants, que nos réflexions soient erronées ou abusées. Une personne considère normalement les paramètres d’un problème dans une période et un contexte précis et s’appuie sur ses expériences et observations pour savoir lesquelles s’appliquent à la situation. Par exemple, en apesanteur, les astronautes remplacent rapidement leurs repères habituels.
Malheureusement, certaines personnes et groupes se spécialisent dans la tromperie et les sophismes, profitent de notre tendance à se rallier aux autres et exploitent le moindre de nos biais. Ils savent qu’une fois une idée adoptée, le processus pour en changer est plus laborieux. Sous pression, dans le feu de l’action, il est normalement hors de question de changer d’idée. Pour limiter la réflexion et empêcher l’analyse il leur suffit d’entretenir la pression, par réseaux sociaux interposés et quelques algorithmes conçus pour retenir notre attention. Biais de confirmation, paradoxe de Simpson, besoin de reconnaissance, etc. Toutes les techniques sont utilisées.
La meilleure défense se trouve dans le développement de «l’esprit critique», plus généralement appelé «perspicacité», et dans l’établissement des conditions pour pouvoir l’exercer. Pour s’éviter des problèmes, vaut mieux développer sa perspicacité.
En éducation, on a déjà eu affaire à certains dogmes et d’autres sont toujours en vigueur. S’il n’est jamais recommandé de les attaquer de front, l’enseignement de la pensée critique s’applique aussi et il commence par l’amélioration de la capacité d’observation. Dans l’histoire des sciences, à une époque où il ne faisait pas bon de contester l’Église, en bon chrétien et par la précision de ses mesures, Tycho Brahé a pu ébranler le dogme de la «voute céleste» sans se faire excommunier. Par la précision critique on peut identifier une source de confiance. Par des résultats fiables et démontrés, on peut finalement faire confiance.
Dans notre monde, les I.A. ont un problème de fiabilité. Nous avons un problème de confiance si on les utilise. On peut être aveuglé mais au départ, on se sera aveuglé nous-même que nous pouvions leur faire confiance. Heureusement, nous commençons à nous montrer plus perspicaces.
Bonne lecture
Denys Lamontagne - [email protected]
Illustration : AllaSerebrina - DepositPhotos