Le coût de la formation
Une année d’études universitaire coûte en moyenne entre 10 000 et 15 000 €$ par année, dépendant de la discipline et des conditions d’études. Une formation à distance coûte évidemment moins cher qu’une en classe et une formation technique avec des laboratoires est habituellement plus coûteuse qu’une essentiellement théorique.
Même si le coût des études n’est que partiellement transféré aux étudiants par principe d’accessibilité, le coût réel doit quand même être assumé pour l’État et ce calcul évolue avec la société. Quand vient le temps d’établir les priorités d’investissements et de dépenses, l’équation globale du financement de l’éducation est prise en compte. Que ce soit pour un étudiant ou pour un État, les mêmes paramètres sont considérés mais sont pondérés différemment.
Pour l’étudiant la question se pose ainsi : est-il mieux de continuer ses études post-secondaires ou est-il plus intéressant de commencer à travailler et éventuellement étudier à temps partiel, quitte à compléter son diplôme plus tard ?
Pour l’État, l’avantage de développer une force de travail compétente, polyvalente et spécialisée assure une résilience économique essentielle à la prospérité… et à ses revenus d’impôt et de taxes. Plus la productivité est élevée, mieux cela vaut. Pour y arriver, il faut à la fois garantir la formation de base de l’ensemble de la population, qui permet la polyvalence, et assurer l’offre de formations spécialisées selon les besoins de la société et des orientations choisies par l’État.
Étudier ou travailler
Si l’éducation est largement subventionnée, il est logiquement avantageux pour un étudiant de profiter de la «subvention aux études», soit la partie de l’éducation payée par l’État. L’écart de revenu entre un diplômé universitaire et un individu sans diplôme post-secondaire est de l’ordre de 40 à 60 %, dans tous les pays.
Même si cet écart tend à s’amenuiser à mesure que l’offre de diplômés augmente et que la rareté de la connaissance diminue, il demeure suffisamment grand pour justifier les 3 à 5 ans d’études supplémentaires pour un étudiant.
Subventionner les études ou pas
Pour l’État le calcul est plus sophistiqué car il prend en compte les besoins de travailleurs et ceux de la société en général. Il est admis et démontré que, jusqu’au secondaire, l’éducation universelle et gratuite, y compris pour la plupart des filières professionnelles, est la formule la plus avantageuse. Pour les spécialisations, il est aussi clair qu’on doit y investir même si le retour sur l’investissement prend plus de temps à obtenir et est plus risqué dans un contexte de changements rapides.
Voici un tableau général des avantages à étudier ou travailler. Il s’agit de moyennes basées sur les salaires et impôts moyens prélevés. Les coûts de subsistance étant équivalents que l’on soit aux études ou pas, ils ne sont pas inclus, ni les frais sur d’éventuels emprunts requis pour payer ses études ou les revenus d’un travail à temps partiel pour un étudiant.
Les écarts salariaux entre un diplômé post-secondaire et un sans diplôme sont basés sur les moyennes actuelles. Une partie du coût des études correspond aux frais moyens demandés par les institutions est assumée par l’étudiant. La portion assumée par l’État correspond au coût moyen d’un étudiant post-secondaire dans le budget de l’État.
Les possibilités de progression salariale sont généralement plus élevées pour les diplômés, car ils continuent de se former plus fréquemment par la suite, mais ces possibilités existent aussi pour les non-diplômés, aussi on n’a pas considéré ce facteur dans le tableau.

Ce qu’on peut en déduire est qu’un étudiant dans un pays ou l’éducation est largement subventionnée trouve son profit autour de la 10 ième année après le début des études universitaires et qu’après 17 ans l’avantage financier est de l’ordre de 100 000 €$; il est payant d’étudier, aucun doute.
Pour l’État, ce sera autour de la 18 ième année qu'il trouvera son profit en termes de revenus direct d’impôt. Si on y ajoute la hausse de productivité et les revenus de taxe sur la valeur ajoutée qui en découlent, l'avantage économique est bien antérieur.
La formation continue, une stratégie optimale en 2024 pour les institutions
À la fois l’obsolescence des connaissances et l’évolution des technologies s’accélèrent, aussi le principe de la formation continue devient de plus en plus intéressant tout comme l’idée d’entrer plus tôt sur un marché du travail en demande, avec de bonnes conditions salariales.
Avec un horaire de travail de 30 heures ou moins par semaine, compléter des études post-secondaires à temps partiel devient envisageable, surtout en formation hybride ou à distance. Si en plus cette formation est subventionnée par l’État, ce qui est le cas dans plusieurs États et entreprises, on profite alors du meilleur des mondes.
Dans un contexte de pénurie de main-d’oeuvre spécialisée et de spécialisation accélérée des emplois dans beaucoup de secteurs, l’idée d’une formation de 3 ou 5 ans avant d’être opérationnel n’est pas vraiment intéressante. On a besoin de travailleurs compétents maintenant, en I.A., en robotique, en environnement, en énergies renouvelables, en construction, en animation sociale, en santé et dans bien d’autres domaines en évolution rapide. Considérant le temps de créer les programmes, une formation universitaire classique sera constamment en déphasage.
La formation continue peut répondre avec plus de réactivité aux besoins et intégrer plus rapidement les nouvelles pratiques, outils et technologies adoptées dans les milieux de pratique. La transformation des universités vers la formation continue et en ligne est en voie de se généraliser, par nécessité.
Presque toutes les universités développement leur offre en formation continue, que ce soit par des cours à la pièce, des mini-programmes ou des programmes complets. La FIED en France présente les programmes accessibles à distance en France. La plupart des universités offrent maintenant des cours en ligne et certaines, comme l’Université Laval, proposent une version en ligne de tous leurs cours, en plus des universités entièrement à distance comme la Téluq.
Orientation étatique
Pour l’État, le choix de favoriser la souplesse en éducation parait une orientation évidente, surtout avec la pression que l’intelligence artificielle exerce sur les méthodes du système éducatif.En effet, aux niveaux supérieurs, la forme de l’enseignement est appelée à évoluer pour répondre à la rapidité des changements et à la multiplication des besoins.
Mais les institutions relèveront le défi de l'adaptabilité dans la mesure où on leur en donnera la possibilité, en dehors d'un cadre rigide.
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Références
En 2019, le coût moyen par étudiant est de 11 530 euros - Ministère de l’éducation nationale
https://www.education.gouv.fr/en-2019-le-cout-moyen-par-etudiant-est-de-11-530-euros-322990
Apprendre, c’est payant - Banque du Canada
https://www.banqueducanada.ca/2020/10/apprendre-cest-payant/
Oui, vous avez du temps et de l’argent pour étudier - Téluq
https://jereussis.teluq.ca/oui-vous-avez-du-temps-et-de-largent-pour-etudier/
Institut de la statistique du Québec - Niveau de scolarité et revenu d’emploi - Stéphane Crespo
https://statistique.quebec.ca/fr/fichier/niveau-de-scolarite-et-revenu-emploi.pdf
Salaire moyen d'un Sans Diplôme en 2024 - France - Talent
https://fr.talent.com/salary?job=sans+dipl%C3%B4me
Quels sont les salaires des jeunes diplômés en France ?
https://www.studyrama.com/emploi/premier-emploi/salaires-jeunes-diplomes
Cours à distance et en ligne en France - FIED
https://www.fied.fr/rechercher
Université Laval - Cours en ligne - https://www.distance.ulaval.ca/
Télé-Université - https://www.teluq.ca/
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