Nous prenons des décisions à chaque interaction avec le monde extérieur :au travail, en déplacement, avant de sortir, avant de manger ou avec notre téléphone, que nous consultons plusieurs dizaines ou centaines de fois par jour. Décisions, décisions... Comment faisons-nous ?
Nous avons développé plusieurs techniques pour répondre adéquatement aux différentes situations. Pas besoin d’une grande réflexion pour décider de quoi on déjeune le matin : l’option par défaut est ce que nous choisissons le plus souvent. L’habitude, l’imitation, le conformisme, le laisser-faire nous soulagent d’un bon nombre de décisions. L’entrainement et la répétition nous amènent à automatiser plusieurs chaînes de décisions élaborées, habituellement orientées vers la satisfaction et l’efficacité optimales. Les décisions rares ou importantes demandent plus de réflexion.
Les techniques de canalisation, de design UX ou de l'espace sont une autre façon de limiter les options et d’orienter les décisions. Une clôture ou un cadre limitent radicalement les parcours, les cadeaux donnent du poids à une option, et les échéances réelles ou factices ou la compétition nous stimulent à accélérer nos décisions. La ludification des activités joue avec cette mécanique de la décision.
Une bonne partie de la pédagogie repose sur le postulat qu’un ignorant peut difficilement décider quoi que soit dans les domaines qu’il ignore. Intuitivement, l’étudiant comprend qu’il lui faut apprendre bien des éléments avant de pouvoir assumer la responsabilité d’une décision. De ce fait, le système éducatif a tendance à rendre l’étudiant passif, «Fais comme tu as appris» est le message qui en découle et qui encadre le pouvoir de décision, ce pouvoir qu’il lui faudra bien assumer un jour !
Aussi les pédagogies plus avancées sont structurées de manière à amener les étudiants à graduellement prendre des décisions toujours plus complexes. Ces pédagogies ne sanctionnent pas tant l’erreur que l’ignorance et reconnaissent que, à ce niveau, l’étudiant est un juge critique de son activité, pas besoin d’insister; on est là pour l’aider à avancer.
Bonne lecture
Denys Lamontagne - [email protected]
Illustration : Aberrant Realities sur Pixabay