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Publié le 07 décembre 2022 Mis à jour le 07 décembre 2022

Écoles qui se ferment sur elles-mêmes ! Pourquoi et comment inverser ce phénomène.

Comment ouvrir les écoles sur le monde et les garder ouvertes au monde

École heureuse

Des faits divers violents surviennent dans les écoles. Loin d’être une fatalité, cela doit amener les communautés pédagogiques à trouver des solutions.

Class 1984, film précurseur ?

En 1982, il y a tout juste 40 ans, sortait le film La Classe de 1984. Pour ceux qui n’en ont pas entendu parler voici la bande annonce en version originale sous-titrée VF. Le cauchemar de l'enseignant y est caricaturé.

Le synopsis est le suivant :

« Dans un futur proche, Andy Norris, jeune professeur de musique, est nommé comme remplaçant au lycée Abraham Lincoln.Très vite, il se heurte à Peter Stegman, un adolescent meneur d'une bande de délinquants. Norris tente tout d'abord d'apprivoiser la violence des adolescents. Le suicide d'un lycéen sous l'emprise de la drogue le choque particulièrement. Norris sait que la drogue a été vendue par Peter Stegman, mais l'unique adolescent témoin, Arthur, refuse de parler.

Très vite, Andy Norris subit les pressions et menaces des adolescents turbulents, particulièrement après avoir refusé Stegman dans son orchestre malgré ses qualités de musicien. Destructions de voitures, menaces, etc., la relation entre le professeur et son élève ne cesse de s'envenimer pour atteindre un point de non retour.
 » Source

40 ans plus tard quelle est la situation ?

Le schisme se creuse entre les établissements dits difficiles et ceux de quartiers plus privilégiés.

Le monde de l’enseignement a été traumatisé par le décès de Samuel Paty, sauvagement agressé et d'autres cas semblables. En réaction, les écoles sont de moins en moins ouvertes. On peut même penser qu’elles se replient sur elle-même, à la fois pour essayer de se protéger du monde extérieur qui peut être violent mais aussi pour ne pas montrer la réalité de ce qui se passe dans certaines écoles.

Pour constater la violence qui existe dans certains pays qui étaient relativement protégés du phénomène, il suffit de regarder ce qui s’est passé à Bruxelles suite à un simple match de football entre la Belgique et le Maroc.

Le repli des écoles est-il inéluctable ?

La confiance est un élément essentiel entre les acteurs de l’enseignement.

Depuis des années, la Finlande est prise en exemple pour ses résultats aux tests PISA. A cet égard, l’école de Saunalahti est un exemple intéressant. En une phrase, cet article décrit la mentalité et l’ambiance qui y règnent :

« Les enfants qui veulent sortir de classe et se livrer à des activités ailleurs dans l’établissement ou à l’extérieur trouvent également largement de la place partout. ».

À l’opposé, ce sont des tentatives pour renforcer la disciplines et cela passe par l’instauration de règles toujours plus contraignantes et de punitions.

Au niveau des enseignants, on sent aussi une défiance alimentée par des contraintes et obligations augmentées et tatillonnes. Actuellement, dans certaines écoles de Belgique, la bonne ou le bon enseignant n’est plus celui qui parvient à faire acquérir des compétences à ses apprenants en mettant en place des stratégies d’apprentissages adaptées à chaque groupe classe qu’il a en face de lui. Non, le bon enseignant est celui qui a ses, très nombreux, documents administratifs en ordre.

Un système contre-productif ?

L’être humain est ainsi fait que quand vous le contraignez, en général, vous obtenez le contraire de l’effet escompté. C’est l’éternelle histoire de la carotte ou du bâton. À la longue,  si vous mettez des contraintes peu utiles, les gens s’amuseront d’avoir réussi à les éluder ou contourner.

Des pistes de solution ?

La centralisation et l’uniformisation excluent du système bon nombre de personnes. On peut d’ailleurs y voir une raison des démissions dans l’enseignement. Le système qui fait planer au-dessus des acteurs, prof ou élèves, des sanctions ou des punitions ne peut pas fonctionner très efficacement, une bonne partie de ses énergies étant tournées contre lui-même.

Faire sortir la peur du système

La peur engendre le conformisme. L’élève comme l’enseignant qui agit comme les autres et qui fait strictement ce qui est attendu de lui ne se met pas en danger et ne risque ni sanctions, ni représailles. Ce passage d’un article publié sur open edition décrit très bien le mécanisme :

« L’indépendance de chaque individu est limitée, car tous ses comportements sont modulés par ses contacts avec la société, les groupes et la culture où il évolue. À partir de ces interactions s’élaborent les codes précisant les normes de conduite : les membres d’un groupe savent, par conséquent, ce que les autres membres attendent d’eux. » Source

Laisser se développer des initiatives individuelles

Le conformisme empêche les initiatives et un mode de pensée différent. Pour changer cette logique, plutôt que de s’inscrire dans une démarche du haut vers le bas comme le font nos systèmes éducatifs, il conviendrait de faire l’inverse ce qui permettrait aux personnes sur le terrain d’imaginer, de créer et de développer des mécanismes adaptés à leur contexte.

De nouveaux outils se développent, comme les AI (https://cursus.edu/fr/25916/une-ia-peut-elle-faire-les-devoirs-et-travaux-a-la-place-des-etudiants) ou divers appareils comportant des technologies de pointe, et ce ne sont pas des personnes aussi intelligentes et expérimentées qu’elles puissent être qui, depuis leur bureau (ou tour d’ivoire) vont imaginer des stratégies éducatives efficaces. Cela ne peut venir que d’individus qui vont comprendre les besoins, expérimenter et in fine trouver des solutions.

Par contre si ces individus risquent la sanction, ils se plieront à un train-train peu motivant ou quitteront ce monde de l’enseignement.

Et les apprenants.

La contrainte est parfois indispensable… mais il ne peut y avoir que des contraintes à l’image. La phrase dans cet article montre ce qu’engendre un système uniquement basé sur l’autorité :

« Une personne qui prend sans cesse la direction opposée à l’autorité est esclave de son besoin de se montrer libre auprès d’elle et des autres. Elle s’empresse de réaffirmer une illusion de liberté en allant systématiquement dans le sens opposé. » Source

La contrainte libère à partir du moment où la contrainte dresse un cadre mais ne bride, ni ne brime. C’est en reconstruisant un système éducatif que l’école pourra à nouveau s’ouvrir, à l’exemple de l’école de Saunalahti.


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