Dossiers de la semaine

Modèles fiables

Le phénomène de l’identification à des modèles est exploité depuis toujours en pédagogie. On apprend beaucoup en imitant ce qui fonctionne. Ce qui vaut aussi pour les modèles négatifs : l’échec nous incite à ne pas persister dans une direction particulière. Avant d'imiter, on observe ce que ça vaut, un réflexe sans doute acquis au cours de siècles d’évolution. L'imitation est une voie rapide d'apprentissage; avant de comprendre les principes, on commence par expérimenter avec un bon modèle, ensuite on connectera les informations acquises. Commencer par les explications n’est pas aussi efficace.

Apparemment, nous avons une capacité très développée de comparaison entre ce que nous estimons, le modèle, et ce que nous observons en rétroaction. Quand un enfant réussit à mettre sa cuillère dans sa bouche ou quand on ajuste notre démarche sur une surface glissante, on le doit à cette boucle de rétroaction. Elle fonctionne aussi dans le travail intellectuel; alors autant mieux s’en servir dans nos cours.

D’un autre point de vue, se limiter à l’imitation nous amène évidemment à ne répéter que le passé, ce qui n’est guère valorisé en ces temps. Dans un contexte de changement rapide, les modèles humains pertinents deviennent évidement plus rares; ce phénomène se reflète dans le respect accordé aux personnes âgées dans les sociétés industrialisées : on les écarte de la vie active et les oublie. Ce qui en soi crée un modèle négatif : vaut mieux ne pas vieillir. De quoi s’assurer d’une angoisse tout au long de sa vie adulte. Ce modèle de société n'apparaît pas idéal.

On s’attarde beaucoup aux modèles individuels, héros et idoles, mais qu’en est-il des modèles collectifs ? L’expérience individuelle s’acquiert toujours dans un milieu précis et on peut raconter son histoire, même banale, en la reliant à son milieu et en tracer un modèle dans lequel se reconnaîtront des milliers sinon des millions de personnes. Par la biographie d’autrui, on peut prendre conscience d’un modèle dans lequel nous sommes inconsciemment enfermés et finalement pouvoir s’en affranchir si on le souhaite.

Et en pédagogie, quels sont vos modèles ? On préfère évidemment ceux qui fonctionnent. Jusqu’ici on disait «pour le plus grand nombre», maintenant on peut dire «pour une personne en particulier«, «pour un sujet précis», «pour un niveau d'habileté», «dans ce contexte spécifique», etc. ». On a la possibilité de choisir l’approche la mieux adaptée, dans la mesure où on connaît plusieurs modèles et leur efficacité relative. Certains apprennent à lire et à écrire en un an, d’autres n’y parviennent vraiment jamais. Quel modèle pédagogique fonctionne pour qui, pourquoi ? Toute les questions ne sont pas répondues.

Bonne lecture

Denys Lamontagne

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