Apprendre et jouer semblent des concepts éloignés. L'un exige une rigueur alors que l'autre est associé à la frivolité. Pourtant, le jeu est en soi pédagogique. Quiconque a regardé un documentaire animalier a vu que les petits imitent en jouant les gestes de leurs parents afin d'acquérir les bases de leur future survie. Nos jeux permettent aussi de s'initier à notre monde. Monopoly nous a initié aux principes économiques et Destins nous a préparé psychologiquement au chemin de la vie avec les études, la famille, etc. C'est en grandissant que nous avons compris que ces jeux étaient des simplifications par rapport à la réalité.
Il est intéressant de remarquer comment le rapport au jeu change avec la scolarité. Chez les tout-petits, utiliser des solutions ludiques est un incontournable. Or, en avançant dans le parcours scolaire, les établissements deviennent un peu plus frileux. Perdrait-on de la crédibilité en offrant des méthodes didactiques divertissantes? Heureusement, des chercheurs en pédagogie auront réhabilité le jeu afin de rappeler au corps enseignant qu'il a des bienfaits, du primaire à l'université. Même les jeux vidéo, pourtant souvent perçus comme abrutissants, favorisent certaines compétences chez les apprenants. Tout est dans le dosage pour ne pas sombrer dans ces mondes virtuels addictifs.
Il est plus facile d'engager et de motiver des élèves par le jeu. Un jeu d'évasion a bien plus d'attrait qu'une dissertation parce qu'il les sort de leur zone de confort et les place dans des scénarios exaltants qui stimulent leur imagination. Le succès de la ludopédagogie ne repose toutefois pas uniquement sur le plaisir. Dans un jeu, contrairement à une évaluation scolaire, commettre des erreurs n'a rien de dramatique. Au contraire, un joueur impliqué se trompera et il lui sera possible de se rattraper en cours de partie. Dans le pire des cas, il perdra et pourra apprendre des fautes effectuées afin de se reprendre en relançant une autre partie.
Avec ces avantages en tête, on a vu le milieu de l'éducation se transformer et adopter des solutions ludiques. Tout prétexte est bon pour inculquer des savoirs par des mécaniques ludiques que ce soit par des jeux de société inventés ou adaptés, par des
casse-têtes et sudokus ou par le détournement de jeux vidéo grand public. Le jeu peut s'appliquer à toutes les matières scolaires autant dans l'acquisition de connaissances que dans la révision de ces dernières.
En cette période de fin d'année dédiée aux réjouissances, l'heure est idéale pour se rappeler à quel point jouer peut apporter non seulement du plaisir mais aussi des compétences diverses qui servent à la fois dans le quotidien et à l'école.
Bonne lecture et joyeuses fêtes!
Alexandre Roberge - [email protected]
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