L’éducation fait souvent partie du discours politique car c’est à l’école que l’on forme les futurs citoyens. Les partis politiques sont particulièrement sensibles aux orientations que prennent les institutions d’enseignement.
Les principes qui guident les partis sont différents de ceux des électeurs. Pour un parti, la priorité est d’arriver au pouvoir et, une fois qu’il y est, d’y demeurer. Si le parti a des principes, il essaiera de convaincre les électeurs par un programme et des objectifs réalistes, appuyés par des candidats compétents. S’il n’en a pas beaucoup, il prendra d’autres moyens pour faire pencher la balance en sa faveur: manipulation, propagande, intimidation, corruption, falsification, etc. S’il n’en a aucun, ce sera par la force. Les partis, dans leur recherche de simplification, essaient de faire croire qu'ils résoudront les problèmes d'emploi, d'économie, de sécurité ou de gestion à coup d'investissements, d'impôts (en plus ou en moins) ou de lois.
Mais peu importe le parti ou le programme, ce sont les effets des propositions sur l’économie qui détermineront son succès à moyen terme. Le tout gratuit et les projets grandioses sont électoralement plaisants mais rarement soutenables en pratique. Cette logique économique a déteint depuis longtemps dans le vocabulaire et les objectifs de la formation de la population : on forme des citoyens aptes à contribuer au système dont dépend le pouvoir politique.
Passer d’une culture de la productivité et de la compétitivité à celle du développement d’un milieu viable implique un changement profond du discours politique et des priorités mises de l’avant dans les écoles et universités. Entre les avantages de l’uniformité industrielle à la diversité nécessaire aux adaptations locales, entre la standardisation d’une gestion optimisée et les exigences particulières de chaque situation, entre une I.A. insensible et la cohérence des interactions du vivant dont nous faisons partie, il ne s’agit pas de choisir un camp mais de trouver les meilleures utilisations à chaque situation, dans un esprit d’équité… La complexité résiste mal aux simplifications des discours populistes dans les esprits, mais les discours populistes résistent encore moins bien à la complexité du réel dans les faits. La compétence est notre meilleure défense.
Nous n’avons jamais eu autant de ressources, de connaissances et de moyens dans l’histoire de l’humanité mais il semble que nous ayons de la difficulté à les utiliser pour faire autre chose que «un peu plus de la même chose». Profitons que l’éducation développe l’esprit critique des citoyens avant qu’il soit considéré comme subversif de remettre en question une politique ou une activité.
Nous faisons tous de la politique dans nos vies.
Denys Lamontagne - [email protected]
Illustration : Gordon Johnson - Pixabay